Bouglione se lance dans l’écocirque, sans animaux c’est une première mondiale.

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Publié le 28 Février 2020 par: https://actu.fr/societe

L’ancien dompteur André-Joseph Bouglione révolutionne l’art circassien. Il lance cette année son écocirque, un spectacle de cirque traditionnel, mais sans animaux réels.

Sandrine et André-Joseph Bouglione vont présenter l'écocirque n avant-première à Montpellier
Sandrine (en blanc) et André-Joseph Bouglione (à droite) vont présenter l’écocirque en avant-première mondiale à Montpellier au printemps. (©G.Martin/Métropolitain)

Un cirque sans animaux, c’est possible ? Difficile d’imaginer un spectacle sous chapiteau sans les fauves, les ours ou les chevaux… Pourtant, André-Joseph Bouglione, conscient que le cirque doit s’adapter à une société de plus en plus attentive à la condition animale, a relevé le défi, imaginant un cirque 100% humain et sans animaux : l’écocirque.

Des animaux en hologrammes

Un spectacle presque sans animaux, car elles seront quand même sur la piste aux étoiles, nos amies les bêtes, mais sous forme d’hologrammes, « ce qui constitue l’une des attractions majeures du spectacle », annonce André-Joseph Bouglione.

Il poursuit :

Nos animaux holographiques, comme l’ours blanc, vont intervenir dans le spectacle, y tenir un rôle et faire ainsi le lien entre l’ancien et le moderne.

VIDÉO: L’ours polaire 100% numérique créé par le cirque Bouglione :

ECORCIRQUE PREVIEW OURS

Un spectacle « ambitieux »

Dans ce spectacle de deux heures, le descendant de la plus ancienne famille circassienne de France, dompteur de formation, fait évoluer son art en mélangeant les genres : le numérique, la musique (avec un groupe jouant en direct pendant tout le spectacle pour une ambiance rock’n’roll circus) et le show.

Le spécialiste précise :

Nous avons trié sur le volet treize numéros inspirés du cirque traditionnel, avec des funambules, acrobates, lanceurs de couteaux, trapézistes, jongleurs, clowns, mais magnifiés par 25 artistes de très haut niveau venus du monde entier. Ces derniers proposent des performances qui ne sont plus vues en France depuis très longtemps.

André-Joseph Bouglione, qui explique qu’il a fallut trois ans et un budget de deux millions d’euros pour créer ce spectacle, ne veut pas tout dévoiler avant la première, mais ne peut s’empêcher d’évoquer au moins un numéro : « un numéro incroyable de lanceur de couteaux, ou plutôt de lanceuse puisque, c’est une première, une femme lancera ses couteaux sur une cible masculine que l’on a d’ailleurs eu du mal à recruter… Tous ces numéros et ces grands artistes nous permettent de présenter un spectacle de sensation, ambitieux, avec aussi beaucoup d’humour. »

Interview André-Joseph Bouglione

L’ours blanc, figure du réchauffement climatique

Les 1 500 spectateurs que contient le chapiteau, petits comme grands, seront sans doute touchés par des moments de grâce lorsque les animaux numériques feront leur apparition sur la piste. Ils ont été conçus par une référence nationale, Adrénaline Studio, connu notamment pour ses hologrammes de Jean-Luc Mélenchon et Jean Louis Aubert.

L’écocirque a ainsi trouvé son animal fétiche : l’ours blanc. Debout sur ses pattes, le plantigrade holographique culminera à trois mètres : « c’est un symbole qui incarne les enjeux liés à la protection la biodiversité impactée par le réchauffement climatique… Il sera un peu notre mascotte. Et je vous donne un scoop : par moment, il sera aussi notre Monsieur Loyal. »

L’écocirque, la révolution d’André-Joseph Bouglione 
Depuis 1830, la famille Bouglione incarne l’image du cirque traditionnel, avec des animaux : « le cirque animalier, c’était dans notre ADN », explique l’ancien dompteur. « J’ai été très touché durant ma vie par mes animaux avec qui j’ai toujours créé des liens forts… Mais avec le temps, avec Sandrine [son épouse, ndlr.], nous avons développé une forme de ressentiment à les garder en captivité. La prise de conscience était inévitable, nourrie par le sentiment pénible de pratiquer une sorte de maltraitance en gardant des animaux en captivité. D’où notre volonté de changer radicalement de logiciel pour faire un spectacle de cirque moderne sans animaux. »
L’écocirque pousse le concept « naturaliste » jusqu’au bout : les costumes sont réalisés sans produit animal et la caravane ne consomme que des énergies renouvelables : « Nous avons d’ailleurs l’empreinte carbone la plus faible du monde pour un cirque », indique Sandrine Bouglione, qui précise que le village de l’écocirque (composé de containers recyclables) proposera des animations gratuites pour toute la famille autour des thématiques environnementales. En point d’orgue : la semaine de la cause animale organisée du 27 avril au 3 mai 2020.

À découvrir en avant-première à Montpellier

Tout cela, les Montpelliérains (et plus largement les Languedociens) le découvriront en avant-première, et ce n’est pas le fruit du hasard : le 28 novembre 2018, la Ville de Montpellier a voté un vœux interdisant les cirques avec animaux sauvages sur son territoire : « présenter notre spectacle ici en avant-première nous a semblé logique », commente Sandrine Bouglione.

La co-dirigeante de l’écocirque précise que le chapiteau et son écovillage s’installeront bientôt près d’Odysseum. Ensuite, l’écocirque partira pour une tournée nationale avant de voyager, les Bouglione l’espèrent, dans les grands métropoles européennes.  

Infos pratiques
L’écocirque by Bouglione sera à Montpellier du 21 avril au 31 mai 2020.
Plus d’infos sur la page Facebook de la troupe.

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