Coronavirus : le cri d’alarme de 31 journalistes français en Italie qui appellent Macron à « ne pas perdre de temps »

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« Les patients atteints de Coronavirus sont trop nombreux et les autres services hospitaliers sont au bord de la paralysie. Nous sommes allées au bout de nos limites en ce qui concerne le nombre de lits et la mobilisation du personnel médical », affirme le coordinateur de l’unité de crise de Lombardie. (Flavio Lo Scalzo / Reuters)

Dans une tribune publiée par le journal Libération, les correspondants de presse français qui travaillent en Italie demandent à Emmanuel Macron et aux autorités européennes de prendre « enfin la mesure du danger » face à la virulence et à la rapidité avec laquelle se répand le Coronavirus.

« La France doit tirer les leçons de l’expérience italienne », c’est ce que réclament les correspondants de presse français en Italie au moment où nos voisins enregistrent 15.113 cas, 1.016 décès et 1.258 guérisons à cause du coronavirus.

« un décalage spectaculaire »

Dans cette tribune, les journalistes s’étonnent et expliquent observer « un décalage spectaculaire » entre la situation à laquelle ils assistent quotidiennement dans la péninsule évoquant « la situation tragique dans les hôpitaux, les services de thérapie intensive saturés, le triage des patients, ceux – les plus faibles – que l’on sacrifie faute de respirateurs artificiels suffisants ».


Ils estiment qu’il y a un « manque de préparation de l’opinion publique française à un scénario, admis par l’énorme majorité des experts scientifiques, de propagation importante, si ce n’est massive, du coronavirus. »

LES JOURNALISTES TIRENT LA SONNETTE D’ALARME

« l’Italie commence à avoir des cas critiques relevant de la réanimation dans la tranche d’âge 40-45 ans », préviennent les signataires, dont les correspondants de France Télévisions, de Radio France, du Monde, du Figaro ou bien encore de Libération.

Les journalistes tirent la sonnette d’alarme : « certains Français n’ont pas conscience qu’en cas de pathologie grave, autre que le coronavirus, ils ne seront pas pris en charge correctement faute de places, comme c’est le cas en Italie depuis plusieurs jours. »

« Hors d’Italie aussi, il n’y a plus de temps à perdre ».

TRIBUNE

«Journalistes en Italie pour des médias français et francophones, nous couvrons depuis le début la crise épidémique du coronavirus dans la péninsule. Nous avons pu constater la progression fulgurante de la maladie et avons recueilli les témoignages du personnel de santé italien. Beaucoup nous font part de la situation tragique dans les hôpitaux, les services de thérapie intensive saturés, le triage des patients, ceux – les plus faibles – que l’on sacrifie faute de respirateurs artificiels suffisants.

Par conséquent, nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’adresser un message aux autorités publiques françaises et européennes pour qu’elles prennent enfin la mesure du danger.

Tous, nous observons en effet un décalage spectaculaire entre la situation à laquelle nous assistons quotidiennement dans la péninsule et le manque de préparation de l’opinion publique française à un scénario, admis par l’énorme majorité des experts scientifiques, de propagation importante, si ce n’est massive, du coronavirus.

Hors d’Italie aussi, il n’y a plus de temps à perdre. Nous estimons qu’il est de notre devoir de sensibiliser la population française. Souvent, les retours qui nous arrivent de France montrent qu’une grande partie de nos compatriotes n’a pas changé ses habitudes. Ils pensent qu’ils ne sont pas menacés, surtout lorsqu’ils sont jeunes. Or, l’Italie commence à avoir des cas critiques relevant de la réanimation dans la tranche d’âge 40-45 ans. Le cas le plus éclatant est celui de Mattia, 38 ans, sportif et pourtant à peine sorti de dix-huit jours de thérapie intensive. Il est le premier cas de Codogno, fin février, au cœur de la zone rouge dans le sud de la Lombardie.

Par ailleurs, certains Français n’ont pas conscience qu’en cas de pathologie grave, autre que le coronavirus, ils ne seront pas pris en charge correctement faute de places, comme c’est le cas en Italie depuis plusieurs jours. Soulignons aussi que le système sanitaire impacté aujourd’hui est celui du Nord, soit le meilleur d’Italie, un des meilleurs en Europe.

La France doit tirer les leçons de l’expérience italienne.»

Tribune signée par :

  • Manuella Affejee, de la rédaction francophone de Radio Vatican ; 
  • Delphine Allaire, de la rédaction francophone de Radio Vatican ;
  • Salvatore Aloïse, correspondant d’Arte ;
  • Olivier Bonnel, de la rédaction francophone de Radio Vatican ;
  • Bertrand Chaumeton, réalisateur radio ;
  • Marie Duhamel, de la rédaction francophone de Radio Vatican ;
  • Ariel F. Dumont, correspondante de Marianne, le Quotidien du médecin ;
  • Antonino Galofaro, correspondant du Temps ;
  • Bruce de Galzain, correspondant permanent de Radio France en Italie ;
  • Marine Henriot, de la rédaction francophone de Radio Vatican ;
  • Arthur Herlin, directeur de l’agence i. Media ;
  • Richard Heuzé, politique internationale ;
  • Blandine Hugonnet, journaliste pigiste ;
  • Franck Iovene, AFP ;
  • Eric Jozsef, correspondant de Libération et RTS ;
  • Anne Le Nir, correspondante de RTL et la Croix ;
  • Marc-Henri Maisonhaute, journaliste pigiste ;
  • Francesco Maselli, correspondant de l’Opinion ;
  • Alban Mikoczy, correspondant de France 2-France 3 ;
  • Jean-Charles Putzolu, de Radio Vatican ;
  • Quentin Raverdy, journaliste pigiste ;
  • Xavier Sartre, de la rédaction francophone de Radio Vatican ;
  • Eric Sénanque, correspondant RFI au Vatican ;
  • Valérie Segond, correspondante du Figaro ;
  • Nicolas Senèze, envoyé spécial permanent de la Croix au Vatican ;
  • Anne Tréca, correspondante RTL ;
  • Valentin Pauluzzi, correspondant de l’Equipe ;
  • Arman Soldin, envoyé spécial d’AFPTV ;
  • Matteo Cioffi, correspondant sportif de RFI ;
  • Natalia Mendoza, correspondante de France 24 ;
  • Manuel Chiarello, JRI indépendant.

Source : Libération

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