Déconfinement: la FCPE appelle les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école le 11 mai

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©Francine Sreca

La principale fédération de parents d’élèves, pas rassurée par le dispositif prévu par le gouvernement pour organiser la rentrée scolaire, demande aux parents d’élèves de ne pas conduire leurs enfants à l’école le 11 mai.

Organiser une rentrée scolaire en pleine crise sanitaire a tout du casse-tête, aussi bien du point de vue des écoles que des parents d’élèves.
Le gouvernement a mis ce mardi sur la table un éventail de dispositions: une rentrée progressive sur la base du volontariat, avec des classes limitées à 15 élèves, des masques obligatoires pour les collégiens, une distanciation entre les tables, un respect des gestes barrières et la mise à disposition de gel hydroalcoolique. Mais il peine à convaincre.

Une décision politique « irresponsable, dangereuse et impossible »

Pour les syndicats d’enseignants, cette décision politique est «irresponsable, dangereuse et impossible».
Leur réprobation au sujet de la réouverture des classes se fait d’autant plus forte que le Conseil scientifique s’est dit, samedi, favorable à leur fermeture jusqu’en septembre.

La Fédération syndicale unitaire s’interroge:

« À quoi sert de s’entourer d’un comité scientifique si son avis n’est pas pris en compte et que c’est une décision politique qui prévaut? Sur quelle autre autorité médicale s’appuie donc cette décision politique? ».

Selon la première organisation syndicale de l’éducation nationale, «la date du 11 mai est largement prématurée au regard de la capacité de maîtrise actuelle du risque sanitaire affichée par le ministère»

« Patate chaude »

Ces mesures sanitaires, la FCPE du Val-de-Marne les juge insuffisantes «sur les plans humains et matériels».
Conséquence: la principale fédération de parents d’élèves, interrogée par Le Parisien, appelle au boycott de la rentrée scolaire.

« On est les dindons de la farce, les annonces sont creuses, tacle la présidente de la FCPE 94, Nageate Belhacen, dans les colonnes du journal régional. Finalement on laisse les parents qui sont en situation pour beaucoup d’entre eux de pression économique et sociale prendre la responsabilité du risque de mettre leur enfant à l’école. Le tout en renvoyant la patate chaude aux maires et aux départements! Cela ne va faire que creuser un peu plus les inégalités territoriales et sociales. »

Les parents d’élèves suivront-ils cet appel au boycott ? C’est naturellement ce qu’espère Nageate Belhacen. Mais cette dernière craint « qu’ils ne tiennent pas sur le long terme. Les dispositifs d’accompagnement pour garde d’enfant et de chômage partiel ne suivront plus. » 

Vers un droit de retrait des enseignants ?

L’intéressée ne cache pas son désarroi: «Tout ça pour de la garderie organisée pour renvoyer les parents au travail, on ne va pas me dire que faire l’école en maternelle c’est important pour l’avenir. De qui se moque-t-on ?»

La perspective d’une reprise n’enchante pas non plus les enseignants et anime les débats des syndicats. L’un d’eux, Sud Éducation 94, milite pour un droit de retrait des enseignants, plaide pour une reprise des cours au mois de septembre et brandit la menace d’une «action en justice contre le réouverture des écoles et établissements à compter du 11 mai.»

Une mystérieuse maladie grave touchant les enfants signalée en France

Une douzaine d’enfants ont été récemment admis en soins intensifs au Royaume-Uni après avoir développé une forme atypique d’une maladie des vaisseaux sanguins, qui ressemble à la maladie de Kawasaki. Les autorités sanitaires tentent d’établir s’il existe un lien avec la pandémie de coronavirus.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré, mercredi 29 avril sur franceinfo, avoir reçu une alerte « de la part d’équipes parisiennes », lui indiquant qu’en France, « une quinzaine d’enfants présentent des symptômes de fièvres, digestifs et un syndrome inflammatoire vasculaire assez général qui peut provoquer une défaillance cardiaque. »

« Certains [de ces] enfants, en France et en Angleterre, se sont révélés porteurs du coronavirus », a expliqué le ministre de la Santé. « C’est quelque chose que je prends, évidemment très au sérieux. Je mobilise la communauté soignante, la communauté scientifique en France et à l’international pour avoir le maximum de données possible, pour voir s’il y a lieu de faire un lien entre le coronavirus et cette forme qui, jusqu’ici, n’avait été observée nulle part. Donc beaucoup de vigilance et une certaine inquiétude », a-t-il indiqué.

Interrogé sur le fait que ces symptômes pourraient repousser la réouverture des écoles, Olivier Véran a dit qu’il n’a « pas les éléments médicaux concernant ces enfants » et qu’il n’a « absolument pas d’explication médicale à ce stade » pour prendre une quelconque décision. « Nous aurons les résultats rapidement sur ces enfants, sur leur dossier médical, pour pouvoir explorer » des solutions.

Source : Le Parisien / France Info / Yahoo Actu

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