L’électro-sensibilité un calvaire au quotidien

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photo de Fernando Florit

Cet article est un courrier très complet que j’ai reçu ce soir, rendons hommage à notre lectrice, elle-même victime de cette maladie prétendue imaginaire par de nombreux médecins, qui ne sont pas assez informés sur ces nouvelles pathologies liées à notre époque.

Nul ne peut imaginer le calvaire que vivent ces personnes qui pourraient être nous, nos parents et nos enfants.

Notre devoir est de rester toujours attentifs à cette douleur invisible, mais existante, invisible pour nous mais si présente pour les victimes.

Les nouvelles installations de 5G ne peuvent en aucun être une bonne nouvelle, et pour cause, car ces micro-ondes sont perçues avec intensité par les personnes électro-sensibles. Cette technologie signe le développement de nombreuses pathologies incurables tant que le patient ne s’éloigne pas du rayonnement, mais est-ce seulement possible ?

Cogiito.com

Bonjour Monsieur Jandrok,

Hypersensible chimique et électrique, j’écris au nom de beaucoup de gens et surtout de jeunes qui souffrent de cette maladie sans accompagnement… au nom des familles aussi qui pleurent la perte d’un enfant pour qui la seule solution a été le suicide (et il y en a beaucoup !)

Même si la MCS reste encore peu connue du grand public en France, les recherches scientifiques mondiales ont déjà prouvé que cette maladie fait des ravages.

J’ignore quels autres scientifiques disent que nous manquons de recherches et de preuves !

Ceux qui travaillent avec les lobbys ?

Ceux qui ont tant tardé en France à reconnaître les ravages de l’Amiante, du DTT ou à présent des glyphosates ?

Reconnue dans certains pays, tels le Canada, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne les usa, mais aussi en France. Même si elle touche 10 % de la population, l’absence de toute réflexion, de toute politique environnementale, médicale, constitue une véritable non-assistance aux personnes en danger. 

PS le 12 MAI… Journée internationale de sensibilisation aux maladies environnementales ! J’ai conscience que je m’y suis prise un peu tard, mais peut-être pourriez-vous en parler ??

  • « Si une cause et un remède doivent être trouvés pour ME / CFS, FM, MCS et les maladies connexes dans un proche avenir, le gouvernement et la médecine doivent être pleinement conscients de leur portée et de leur impact. Malgré les efforts d’un certain nombre de groupes et d’individus dévoués, il existe encore des poches d’ignorance et d’incompréhension. À ce jour, de nombreux patients se heurtent directement à un établissement médical qui, en général, en sait très peu sur ces graves menaces pour la santé humaine. Il est donc crucial que toutes les personnes touchées par les maladies fassent entendre leur voix, surtout le 12 mai de chaque année. »

Cordialement,

Mlle U

Présentation de la MCS, l’hypersensibilité chimique 

Longtemps considérée comme une affection psychiatrique, cette maladie est maintenant incluse par l’OMS dans la Classification internationale des Maladies (ICD-10) sous le code T 78,4 « autre allergie, non précisée »…

Dans la MCS, on retrouve un ensemble de dysfonctions biochimiques impliquant le système nerveux, le système immunitaire, les glandes endocrines et l’intestin, ensemble commun à d’autres syndromes émergents de notre époque. (Merck 1999 – Hooper 2000, 2003 – Donnay 1997) : syndrome fatigue chronique, fibromyalgie, affections neurodégénératives, autisme, sick building syndrom, food intolerance syndrom)…

La sensibilité aux produits chimiques rend le quotidien difficile

La sensibilité aux produits chimiques des patients atteints de MCS est de l’ordre de 1000 fois plus importantes que chez les personnes non atteintes. C’est donc tout un quotidien qu’il faut réorganiser pour pouvoir vivre sans les effets toxiques des produits chimiques qui nous entourent. « Il faut d’abord repérer la source de la réaction, explique Célestine Delorghon. Par exemple, je ne peux pas feuilleter un magazine tout neuf, l’encre d’imprimerie et les traitements du papier me donnent des nausées terribles. J’ai donc pris l’habitude de les étendre à l’air libre avant de les lire. »

Pour les personnes les plus lourdement affectées, cela peut aller jusqu’à un arrêt de travail à long terme, une perte d’interactions sociales à cause de l’incapacité à approcher des personnes portant des traces de shampoing, gel douche, produits cosmétiques ou lessive.

Pour les cas les plus extrêmes, l’isolement devient quasi-total : impossibilité de se rendre dans les infrastructures publiques (grandes surfaces, magasins, banques, mairies…) en raison des trop fortes agressions chimiques.

Une échelle de handicap pour les MCS :

  • Troubles handicapants au quotidien :
  • maux de tête,
  • fatigue,
  • vertiges,
  • difficultés respiratoires,
  • nervosité,
  • douleurs musculaires et articulaires,
  • perte de la coordination,
  • nausées,
  • vomissements,
  • diarrhées,
  • confusion mentale,
  • pertes de mémoire,
  • douleurs abdominales,
  • irritation (yeux, nez, oreilles, gorge, poumons et peau),
  • problèmes d’élocution,
  • modification de la pression sanguine,
  • perturbation du sommeil,
  • palpitations cardiaques,
  • problèmes de concentration.

Le 24 septembre 2014, l’hypersensibilité chimique multiple entre dans la classification officielle des maladies en Espagne, rejoignant ainsi ll’Allemagne (2000), l’Autriche (2001), le Japon (2009), la Suisse (2010), le Danemark (2012)…

MCS ET EHS

une autre crise sanitaire

les maladies en hausse face au silence total de politique

Après plusieurs années de souffrances et de recherches, j’ai compris que je souffrais de MCS…

Afin de préserver notre indépendance artistique et d’investir dans nos laboratoires de création, j’ai effectué des travaux de construction, dirigeant pendant plusieurs années une petite entreprise de bâtiment. Revendiquant une totale liberté de création, dans mon travail d’abord et dans mes accueils ensuite, je me trouvais toujours sur tous les fronts (traduction, scénographie, lumière, costume).

Malheureusement, mon corps a payé cette liberté et ces efforts. Le contact avec des matières toxiques, dont j’ignorais la dangerosité, a amplifié ma maladie. J’ai développé une MCS (hypersensibilité environnementale et électromagnétique). Il m’a fallu me battre avec cette maladie et me mettre en danger économique pour poursuivre mon travail. Imaginez un monde où votre corps réagirait négativement à (presque) tout. Aux produits d’entretien. À l’encre. Aux parfums. Aux fumées de bois. Aux gaz d’échappement. À l’odeur de l’essence. À certains produits alimentaires… Un monde où votre peau ne supporterait même pas de porter du textile. Une sorte d’allergie puissance mille.

J’ai commencé avoir des réactions physiques inexpliquées. Les problèmes respiratoires et digestifs, les réactions allergiques, les migraines, les fièvres se sont multipliés. Évidemment, la médecine française privilégiant le symptôme à la connaissance de l’organisme ne trouvait aucune raison à mes malaises. Seuls le tâtonnement et l’étude m’ont permis de comprendre que mon état venait de ce que j’ingérais et respirais, enfermé dans mon théâtre : au bout de plusieurs années, j’ai été diagnostiquée hypersensible chimique et électromagnétique (EHS/MCS).

En France, aucun médecin qui traite cette maladie. Au mieux, je suis envoyée à un psychiatre. Auparavant, on m’a fait faire beaucoup d’examens inutiles, des radios, des biopsies pour la thyroïde, des tests d’allergie, d’asthme, etc. sans résultat probant.

J’ai consulté de nombreux médecins traditionnels (impuissants), mais aussi alternatifs des magnétiseurs, homéopathes, chiropraticiens, et même des charlatans. Je suis passée par l’acupuncture, la méthode NAETH…personne ne comprenait ce qui m’arrive.

J’ai remarqué que je me sentais vraiment mieux quand j’étais seul et dans des endroits isolés loin des gens et de la pollution

J’ai commencé avoir peur d’être agoraphobe alors que je devais travailler avec des acteurs : je suis un metteur en scène de théâtre et mon seul désir est de diriger des comédiens.

J’ai souvent pensé au suicide parce que je me sentais comme pris dans un piège… parfois, l’alcool m’a aidée, mais la gueule de bois est devenue cruelle

Il m’a fallu changer mes pratiques et choisir, malheureusement un mode de travail qui intègre les contraintes de ma maladie. Depuis 2014, j’ai décidé de me soigner, me replier sur soi ! Il a fallu me mettre en danger économique sans rencontrer d’écoute ou de soutien. Après 25 ans d’activité aujourd’hui, je suis contrainte de déménager, de fermer mon lieu faute de moyens et, surtout, en raison de cette maladie. Avec du recul et plus de lucidité, je me rends compte que je devais redoubler d’efforts, à cause de mon statut de femme, de « polack » et depuis plusieurs années malades de MCS… Alors quel sera mon avenir, en tant que femme, étrangère, handicapée, mais aussi exigeante ? Je n’irais pas hanter les couloirs à séduire l’institution, seule envie de retrouver la vitalité dans la créativité m’aide a poursuivre mes efforts… en souhaitant que mon témoignage permette d’ouvrir des débats sur le rapport entre politique culturelle et métier ou entre politique environnementale et santé.

Comment agir pour faire entendre la voix des malades de MCS ?

À partir du moment où j’ai compris ce qui m’arrive j’ai commencé à m’informer ; j’ai fait beaucoup de recherches moi-même sans aide extérieure (livres-conférences…) c’était très difficile, mais très révélateur. Notamment de l’abandon d’une part importante de la population, on considère qu’entre 5 et 10 % de la population souffre d’hypersensibilité chimique et électromagnétique… et on continue à multiplier l’emploi de molécules chimiques sans réel contrôle.

Plusieurs problèmes me sont alors apparus de manière criante : d’abord, que rien n’est fait pour nous, ceux que des années d’industrialisation à outrance, de violence chimique ont gravement perturbés. L’hypersensibilité chimique multiple est reconnue par l’Organisation internationale de la santé, l’OMS, combattue dans certains pays, tels le Canada, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, les usa, mais pas en France. Même si elle touche 5 % de la population, l’absence de toute réflexion, de toute politique environnementale, médicale, constitue une véritable non-assistance aux personnes en danger. Alors qu’il existe des solutions « simples » que j’ai découvertes empiriquement : éviter les produits transformés, les ingrédients chimiques… une refonte des habitudes de consommation et d’impact sur l’environnement qu’on ne semble, ici, peu enclins à envisager.

Comment agir pour faire entendre la voix des malades de MCS ? Je l’ignore, dans mon impuissance, je ne peux que témoigner de ce total manque d’intérêt pour une catastrophe sanitaire en devenir. Comment faire savoir que les spécialistes de médecine environnementale sont nécessaires en France ? Alors qu’aux États-Unis, au Canada, en Angleterre, en Allemagne, des centres privés et publics sont aménagés. Je ne suis pas seule dans mon combat, mais je sais aussi qu’il n’y a pas véritable progrès. En France aucune structure n’est consacrée, ni créée à l’accueil de patients de MCS… aucun soin, aucune recherche n’est réellement prévue… alors que peut-être un grand nombre d’agoraphobes sont en fait surtout impactés par l’environnement.

Dans la vie contemporaine, il est un fléau souvent méconnu ou sous-estimé qui a pourtant tendance à prendre de plus en plus d’ampleur : l’exposition de l’organisme aux métaux lourds.Notre environnement et nos lieux de travail, notre alimentation et mode de vie sont à l’origine de ce que l’on pourrait appeler « un encrassement du corps », la combinaison de plusieurs facteurs aboutissant à cette situation préoccupante :pollution urbaine et industrielle,pesticides, engrais chimiques, antibiotiques, anti-inflammatoires, molécules chimiques de synthèse,alimentation trop riche (viande graisse, sucre, alcool),

Ce sont surtout les molécules toxiques qui sont à l’origine du mauvais fonctionnement de certaines parties du corps. (augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires, apparition du phénomène d’hypertension artérielle,taux de cholestérol et de diabète élevés,athérosclérose, insuffisance cardiaque, mauvaise condition physique générale,baisse du moral, voire dépression).

Je crains que de nombreuses personnes ayant eu dans leur travail un contact prolongé avec des matériaux toxiques développent des maladies environnementales comme le montre ce témoignage de Jean Claude « J’étais livreur de fuel pendant 18 ans, j’ai été contaminé ou intoxiqué après une surcharge de travail et un mélange de différents additifs. Mes symptômes étaient les suivants: dyspnées respiratoires, irritation oculaire, gène urinaire, dermatite du visage, douleur thoracique, lombalgie, ébriété́…

Pourquoi ne pas commencer par informer les médecins généralistes d’existence de cette maladie pour éviter les situations où des personnes en réelle souffrance et errance sont regardées avec un sourire condescendant, considérés comme hypocondriaques ou déprimés… et donc traités avec des antidépresseurs. Comment éviter des situations comme cet accueil réservé par un médecin généraliste à une jeune malade de MCS : « L’entretien s’est déroulé́ dans une pièce où brûlait une bougie parfumée. Lucie n’a pas tardé à avoir des nausées et des vomissements. Le médecin a refusé́ d’éteindre la bougie ».

Alors que le programme national de santé possède comme priorité l’accès aux soins pour tous, deux millions de personnes sont laissées pour compte ! Selon les études menées par différents pays ce syndrome se trouve en perpétuelle augmentation. Ne rien faire, ignorer cette maladie, oublier des milliers des gens en souffrance semble tout simplement inadmissible ce serait d’organiser la médecine autour du patient dans son milieu de vie. Aujourd’hui le patient ne sait plus à quelle porte frapper, il erre de médecin en médecin et les différents intervenants communiquent très peu entre eux. Il faut tisser autour de lui des réseaux de soins dirigés par les généralistes. En Angleterre, ce sont les généralistes qui pilotent le système de santé. L’Angleterre et les pays nordiques qui ont mis ce type de dispositif au cœur du système obtiennent de bien meilleurs résultats que nous en termes de santé publique et dépensent moins. Le réseau de soins où tous les acteurs coopèrent autour du patient, c’est l’avenir.

Pourquoi cela ne change pas

Un nouvel intérêt pour l’étude de la MCS se manifeste dans les années 1990 après la guerre du Golfe, quand 100 000 soldats américains essentiellement se plaignirent de maladies aspécifiques (GWS) qui pouvaient se rapprocher de la symptomatologie précédemment décrite. De multiples agences gouvernementales, des organisations médicales et des chercheurs ont alors souligné la nécessité importante de recherches épidémiologiques et étiologiques. (Ashford and Miller 1998) 

Ils nous disent “Les gens ont droit de vouloir s’éviter des expositions non nécessaires. Il vaut mieux errer par prudence (principe de précaution), car l’on crée plus de panique si on n’avertit pas des risques à l’avance”. Ce n’est peut-être pas scientifique, mais il faut écouter et entendre les premiers signes de danger. L’absence de preuves est trop souvent posée comme une absence d’évidence. L’Allemagne, suivie par les États-Unis et le Canada, a été le premier pays à reconnaître cette maladie.

Pourquoi tant de réticence à cette reconnaissance ? Une des explications possibles, le coût. En effet, il y a plus ou moins 100 000 substances larguées dans notre environnement, avec environ 1 000 nouvelles par an. La toxicité d’environ 2000 de ces substances, produites à plus de 1 milliard de tonnes par an, devrait obligatoirement être étudiée.

Or, pour ¾ des substances, nous sommes dans la plus parfaite ignorance toxicologique. L’évaluation toxicologique classique (extrapolation de l’animal à l’homme) d’un produit chimique nécessite en moyenne 5 ans d’études et coûte de 1 à 2 millions d’Euros. Reste à faire un simple calcul économique !

Pourtant le droit à la santé environnementale suivant la définition de l’OMS « tous les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par des facteurs environnementaux, physiques, chimiques, biologiques, psychiques et sociaux », est inaliénable.

Une étude de l’Union européenne a montré que, chaque jour, chacun d’entre nous est confronté à au moins 300 produits chimiques potentiellement toxiques. Quel serait l’énorme bénéfice de la prévention !

Selon la littérature scientifique, les sources potentielles sont

Alpha-pinène. Désodorisant, parfum d’intérieur, produit d’entretien

Dichlorobenzène.  Antimite, désodorisant, taupicide

Trichloroéthane. Formulations de colle

Triméthylbenzène : Solvant pétrolier, carburants, goudrons, vernis

Methoxy-propanol. Laques, peintures, vernis, savons, cosmétiques

Butoxyéthanol peinture, verni, fongicides, herbicides, traitement du bois, calfatage siliconé

Ethoxyéthanol peintures, laques, vernis

Ethoxyéthyl acétate Sources non connues

Éthyle-hexanol Solvants aqueux

Benzène Carburants, fumée de cigarette, produite de bricolage, d’ameublement, de construction et de décoration

Butylacétate Parquet, solvants

Cyclohexane Peintures, vernis, colles

Bécane White-spirit, colles pour sol, cires, vernis à bois, sol, moquettes, tapis

Éthyle benzène carburant, cires

Isopropyl acétate Sources non connues

Limonène désodorisant, parfum d’intérieur, cires, nettoyants sol

xylène Peintures, vernis, colles, insecticides

styrène Matières plastiques, matériaux isolants, carburant, fumée de cigarette

tétrachloréthylène Nettoyage à sec, moquettes, tapis

toluène Peintures, vernis, colles, encres, moquettes, tapis, calfatage siliconé, vapeurs d’essence

Trichloréthylène Peintures, vernis, colles, dégraissant métaux

indican White-spirit, colles pour sol, cires, vernis à bois, nettoyants sol

Ect ect……

Mes résolutions

Je suis passée par plusieurs étapes

Je suis végétarienne depuis 25 ans

J’ai commencé par nettoyer mon corps, me détoxifier (avec Zéolite, chlorella, argile vert, citron).

J’ai arrêté tous les médicaments qu’on m’a prescrits et qui me rendaient plus malade.

J’ai arrêté de manger du gluten et perdu 15 kg.

Je ne mange plus de produit laitier ni de sucre.

Je mange bio presque uniquement des légumes et fruits et peu de céréales (sarrasin et riz basmati).

Pas de produit transformé

Je fais beaucoup de jus avec extracteur

Je bois de l’eau filtrée ou en bouteille en verre

Je n’utilise que du bicarbonate de soude et du vinaigre pour le nettoyage

J’ai un purificateur d’air

J’utilise seulement des vêtements de cotons usagés que je lave au vinaigre

Je n’ ai pas de téléphone portable, j’utilise peu l’ordinateur(je suis électrosensible)

Je ne supporte pas les parfums, les détergents, les crèmes, les savons,

Je ne peux pas m’exposer trop au soleil

J’évite le bruit

Je ne peux pas lire : je ne supporte pas l’encre (je mets les livres neufs dans frigidaire)

Je ne serre plus la main, je quitte peu ma chambre et je mets un masque quand j’entre dans le métro ou quand je suis parmi les gens

Je jeûne une fois par semaine

Je prends quelques suppléments choisis : vitamine B, B12, D, Omega 3, Curcumine, (parfois) vitamine C.

Je peux fonctionner grâce à ces précautions drastiques :

Mais il suffit que quelqu’un m’approche avec du parfum pour que mon corps réagisse.. ou que le voisin fasse des travaux comme récemment, pendant 3 mois, et que la moindre poussière de travaux, laine de roche, coupe de bois, produits de nettoyage, peintures, vernis, dissolvants, etc. pour que se déclenchent des réactions physiologiques – tachycardie, saignements du nez, étouffements, vertiges, etc. Dans ce cas, je porte un masque continuellement et je suis obligée de boucher les aérations, les fenêtres, de nettoyer mon appartement deux fois par jour ou de sortir. Malheureusement la Mcs augmente la sensibilité au bruit. Donc les bruis de voiture.

Je dois encore changer mon habitat : Il y a un peu d’humidité dans , et malheureusement chez les voisins des fumées de cheminées en hiver non réglementées, des fumées de barbecue en été (ce qui me rend complètement malade)… des travaux incessants dans l’entourage. Mais à la campagne, ce n’est pas terrible non plus : humidité, pollution, pesticides… je dois aussi faire très attention aux matériaux de construction : pas de bois aggloméré, de colles, de vernis… mais les matériaux écologiques ne sont pas toujours bons pour les malades de MCS.

Je fais ce que je peux pour m’en sortir et j’espère que les autres peuvent profiter de mon expérience.

liens

https://www.lepoint.fr/societe/le-premier-immeuble-suisse-pour-hypersensibles-voit-le-jour-a-zurich-06-04-2014-1809576_23.php

https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/12/a-zurich-le-premier-refuge-europeen-pour-electrosensibles_4470194_3244.html

https://www.hifamilies.fr/famille-nombreuse/hypersensibilite_chimique?fbclid=IwAR3nsU0A72MZf-P2G-1owiHnfQqTchRpkeYDjGBnZV3iSEFa2yqFlTE9rcIæ

Cher Monsieur Jandrok,

Désolés de cette longue correspondance, ma compagne tient à vous dire combien vos conférences, vos pastilles vidéos l’ont aidée et éclairée.

Elle m’a demandé de vous adresser l’intervention que j’avais faite lors d’une rencontre à l’assemblée des associations de maladies liées à la pharmacie.

Vous la trouverez ci-dessous

Amicalement,

Olivier 

pixabay.com

Les malades d’hypersensibles chimiques et électromagnétiques ont presque toujours découvert seuls leur pathologie. Jamais, ils n’ont été traités, accompagnés, conseillés, pris en charge du moins en France. La plupart du temps, médecins, pouvoirs publics, proches, employeurs restent incrédules sur cet étonnant déréglement de tout le corps, cette inflammation généralisée qui les empêche de rester en contact avec le reste du monde, de supporter parfums, détergents, additifs, vernis, colles, peintures, pesticides, fongicides, pics de pollution…. alors plutôt que s’interroger sur ce que la société industrielle impose aux corps de chacun, on préfère considérer ces témoins malheureux des ravages du tout chimique comme des hypocondriaques, des hystériques, des déséquilibrés. Pourtant, leur pathologie touche de manière sévère au moins 4 % de la population et de manière plus bénigne 20 %. Elle impose à ceux qui en souffrent de sortir avec des masques, de ne manger que des produits soigneusement sélectionnés, d’éviter la plupart des espaces communs sous peine de malaises, nausées, tachycardie, pertes d’équilibre ou de conscience.

            Qu’est-ce qui est à l’origine de l’hypersensibilité chimique ? Difficile d’en connaître l’élément déclencheur (ce qui permettra d’ailleurs de longues tergiversations juridiques lorsque la maladie sera enfin reconnue): Des vaccins, des médicaments, le mercure d’alliage dentaire, l’abus de produits hypertransformés, de cosmétiques, de pseudo-soins pour le corps… ou plutôt l’accumulation de substances exogènes ? L’effet cocktail que l’on connaît bien à présent : deux molécules peu dangereuses peuvent générer une solution hautement toxique en se combinant.

            Alors que peut désirer un hypersensible chimique ? D’abord une connaissance exhaustive de tous les produits présents dans les médicaments, de toutes les molécules actives, comme des excipients. Et une étude de leurs effets, de leur dangerosité.

            Comme l’hypersensible chimique doit se protéger seul, il a besoin d’informations précises surtout lorsqu’il doit se soigner pour une autre pathologie : diabète, problèmes cardiaques, hypertension. Et cela ne peut se traduire que par des notices claires, lisibles, des explications conscientes des médecins, des pharmaciens. Chaque patient devrait être renseigné sur les implications des médicaments qu’il prend, et tout manquement à cette évidente déontologie devrait être sévèrement combattu et puni.

            À ce titre, un institut de veille réellement indépendant devrait être constitué. Cela permettrait peut-être de sortir de la logique purement mercantile de l’industrie pharmaceutique pour se rappeler à quoi elle doit servir : la santé publique, la protection de l’individu et non le bénéfice, la logique actionnariale.

pixabay.com

            Rares sont les études des effets individuels, cumulés… et surtout sur la durée des molécules médicamenteuses -on se contente parfois de tests d’une journée ! Comme sont rares les études des ravages des produits chimiques dans l’environnement : en ce moment, on se demande, avec une incroyable mauvaise foi, si les émanations des pesticides restent toxiques à plus de 10 mètres alors qu’on a retrouvé il y a déjà 30 ans des traces de pesticides du Middle West dans les corps des ours de l’Alaska ou dans ceux des manchots.

            La même mauvaise foi, le même cynisme préside aux actions des lobbys pharmaceutiques ou plutôt des compagnons de nos dirigeants : on s’est demandé pendant plus de 15 ans si l’amiante tuait vraiment et on a laissé des ouvriers se contaminer, on s’est interrogé sur les dangers du distilbène, produit contre les fausses couches, alors qu’il cause des malformations génitales, des cancers chez l’enfant, sur ceux de l’hormone de croissance qui a tué plus de 100 personnes, de l’isomérie, du médiator, responsable d’hypertension artérielle mortelle, des statines, de la déraciné qui a provoqué de nombreux handicaps ou encore du voix, un anti-inflammatoire qui a tué près de 40 000 personnes. Là encore, le danger était connu, mais le produit non retiré pendant 5 ans. Comme pour la pilule Diane 35, créée par une de nos firmes favorites : Bayer. Elle a tué 400 personnes en étant vendue 7 fois plus cher qu’une pilule normale. Pourtant, elle a été remise plusieurs fois sur le marché, par exemple en tant que solution anti-acné ! Tout commentaire devient inutile.

            Alors, même si on ne peut mettre en doute l’honnêteté de toute l’industrie pharmaceutique, nos deux associations France Mcs et Sos Mcs souhaitent ardemment que l’on cesse de privilégier les molécules chimiques aux molécules d’origine naturelle non synthétisées. Même si cela impose des bénéfices moindres. Pour nos malades, il s’agira simplement de pouvoir se soigner sans risquer des atteintes physiques, des crises de douleur, des œdèmes de Quincke !

        Pourquoi n’existe-t-il pas une médecine environnementale, soucieuse des effets de la pollution (plus de 80 000 substances dans l’atmosphère), des dangers de la chimie, d’une pharmacopée souvent très invasive… une médecine respectueuse des corps en étudiant les pathologies de manière globale, holistique ? Si l’on traite les symptômes de manière isolée, non seulement on règle rarement le problème de fond, mais on en crée de nouveaux qui nécessitent d’autres soins, d’autres médicaments.

            Aujourd’hui, la tendance semble inverse : les grands laboratoires, les tenants d’une médecine allopathique, combattent avec succès l’homéopathie, l’herboristerie… Sauf que nous devrions avoir le choix.

            Nous réclamons enfin une étude de la Mcs que notre société a créée par son inconséquence, son désir de gain, son indifférence à l’intérêt individuel ? Il faut qu’à l’image d’autres nations, Canada, Autriche, Suisse, des protocoles, des lieux, des traitements adaptés soient créés ?

            Des personnes souffrent en silence, perdent leur travail, leurs proches parce qu’ils doivent s’isoler du monde extérieur agressif, vicié qu’on leur impose… et cette société qui les affaiblit, les détruit ne leur propose rien, sinon incompréhension, indifférence et parfois mépris.

2 Commentaires

  1. j’ai essayé les ondes scalaires sur plusieurs personnes (il est vrai pas avec votre degré de sensibilité) et cela neutralise en grande partie;

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