Les services secrets américains affirment que la Chine a menti sur le bilan du Covid-19

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Un étudiant chinois rend hommage au docteur Li Wenliang, le lanceur d'alerte et «martyr du coronavirus» à Wuhan. © Mark Ralston

Alors que les États-Unis ont franchi le seuil des 5.000 morts avec un peu moins d’un millier enregistré durant ces dernières 24h, les renseignements américains affirment dans un rapport que la Chine a caché le nombre réel de contaminations et de décès, ce qui n’a fait aggraver la situation, rapportent Bloomberg et le New York Times. Pékin dément fermement.

La Chine a dissimulé le nombre réel de cas de contamination et de décès dans son bilan officiel selon lequel le coronavirus a contaminé 81.589 personnes et fait 3.318 victimes, écrit Bloomberg qui se réfère à un rapport qui aurait été présenté par les renseignements américains à Donald Trump.

«Les rapports publics chinois sur les cas et les décès sont intentionnellement incomplets», indique l’agence qui cite deux responsables américains qui affirment que les chiffres de la Chine sont faux.

«La réalité est que nous aurions pu être dans une meilleure situation si la Chine avait été plus transparente», a déclaré le 1er avril le vice-Président américain Mike Pence dans une interview à CNN. Selon lui, l’épidémie a envahi la Chine bien avant que le monde n’apprenne en décembre que la Chine y faisait face, et peut-être même un mois plus tôt.

Le nombre de personnes contaminées en Chine dépasserait le million

« Qui pouvait croire que la Chine avait été mise à l’arrêt pour un virus qui n’allait causer la mort «que» de 3 200 personnes dans le pays le plus peuplé de la planète? Le nombre de personnes contaminées en Chine dépasserait le million. », écrit Le Figaro.

C’est exactement ce qu’analysait Ren Zhiqiang, un entrepreneur actif sur la plateforme Weibo. Ren Zhiqiang avait écrit «Sans des médias représentant les intérêts de la population et publiant les faits établis, la vie des gens sera ravagée par le virus et la maladie de ce régime», et avait osé qualifier Xi Jinping de «clown» à propos de sa gestion de la crise du coronavirus. Il a disparu depuis le 12 mars, sûrement aux mains de la sécurité d’État.

Des dizaines de militants des droits humains, journalistes et avocats harcelés, arrêtés ou mis au secret depuis le début de la pandémie

Comme Ren Zhiqiang, des dizaines de militants des droits humains, journalistes et avocats ont été harcelés, arrêtés ou mis au secret depuis le début de la pandémie. Le juriste Chen Qiushi et un entrepreneur, Fang Bin, ont été arrêtés pour avoir collecté des informations à Wuhan. À Canton, le juriste démocrate Xu Zhiyong et sa compagne ont été placés en détention pour avoir critiqué la gestion de la crise. Selon le réseau Chinese Human Rights Defenders, il y a eu fin janvier près de 300 interpellations pour «propagation de rumeurs».

De même, les articles, vidéos et commentaires sur les premiers cas de malades du Covid-19 ont été censurés. Un rapport interne du gouvernement chinois, publié dans la presse de Hong Kong, confirme cette volonté des autorités chinoises de cacher la vérité au prix de la santé de la population. Les premiers médecins de Wuhan à avoir tiré la sonnette d’alarme en décembre ont été convoqués, réprimandés par leurs supérieurs ou les officiels de la ville. Des hôpitaux ont modifié les rapports médicaux sur les premiers patients, en éliminant toute trace de pneumonie virale. En effet, le PCC du Hubei était en plein préparatifs d’une séance parlementaire et le Nouvel an chinois arrivait à grands pas. Les intérêts du Parti avant tout…

Le témoignage d’un habitant

Un habitant de Wuhan a déclaré à la radio RFA que les autorités de la ville ont distribué 3.000 yuans (385 euros) d’«indemnités funéraires» aux familles des morts en échange de leur silence. Il affirme par ailleurs que personne ne croyait au nombre de morts officiel.

«Le nombre officiel de décès était de 2.500 personnes… mais avant le début de l’épidémie, les crématoriums de la ville incinéraient généralement environ 220 personnes par jour. Pendant l’épidémie, ils ont transféré des travailleurs de la crémation de toute la Chine à Wuhan pour incinérer les corps 24 heures sur 24», confie-t-il.

Des chiffres officiels déjà mis en cause

Ce n’est pas la première fois que le nombre de contaminations annoncé en Chine est mis en doute. Le Daily Mail a présenté le 28 mars son rapport selon lequel des conseillers scientifiques ont déclaré au Premier ministre britannique que la Chine avait minimisé la véritable ampleur de l’épidémie de coronavirus dans leur pays et que le nombre réel pourrait être «15 à 40 fois» supérieur à celui que la Chine affiche.

En outre, le Washington Post fait référence à un article de la revue Science. On y apprend que 86% des cas de la province du Hubei n’étaient pas documentés au moment où les autorités ont prolongé le verrouillage de Wuhan et d’autres villes le 23 janvier.

Pékin répond

En réponse, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a déclaré lors d’une conférence de presse que la Chine a toujours tenu une position transparente concernant le bilan officiel sur l’épidémie de coronavirus.

«L’autorité sur cette question appartient à l’OMS et aux épidémiologistes, pas aux politiciens qui répandent des mensonges», a-t-elle rétorqué.

Source : Bloomberg / Le Figaro / New York Times / Daily Mail / Washington Post / Sputnik News

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