Trois attitudes qui démontrent que vous avez à faire à un(e) pervers(e) narcissique.

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Il existe différents types de manipulation, certaines peuvent être positives, d’autres sont simplement égoïstes, mais il existe un troisième type que je qualifierais de néfaste.

Dans les deux premiers cas l’argumentation reste cohérente. Dans le cas d’une manipulation opérée par un pervers narcissique (et cela fonctionne au féminin également) l’argumentation n’a ni queue ni tête.

En préambule, je souhaiterais vous rappeler que la perversion narcissique n’a pas de sexe. Si les avis divergents à ce sujet et que l’on a très souvent tendance à penser que la plupart des pervers narcissiques sont des hommes c’est simplement par ce que les victimes de sexe féminin s’expriment plus facilement à ce sujet et que les pervers narcissiques masculins sont plus faciles à démasquer car ils n’ont pas peur d’exercer au grand jour.

Je vous conseille d’ailleurs pour y voir clair à ce sujet le livre du regretté Paul-Claude Racamier qui s’intitule « les perversions narcissiques », et qui fait la lumière sur ce qu’il appelle d’une part les avantageux et d’autre part les phalloïdes (les pervers narcissiques démonstratifs généralement masculins, et les perverses narcissiques féminines qui agissent en règle générale dans l’ombre). Dans cet article, je ferai référence au pervers narcissique qu’il soit masculin ou féminin en utilisant l’article « le » pour le désigner le pervers.

Je vais vous donner trois exemples qui vous permettront très rapidement de savoir que vous avez affaire à une perversion narcissique.

Ces trois exemples sont issus du témoignage de victimes masculines.

Le détournement de la réalité :

Le pervers narcissique est très doué dans le mensonge par omission. Il prendra dans un événement uniquement les faits qui vont lui permettre de montrer ce qu’il souhaite exprimer. En n’omettant généralement les causes et les raisons, il piégera dans un événement les faits qui l’intéressent pour exprimer une réalité qu’il aimerait voir apparaître comme une vérité.

Voici un exemple très éloquent.

Lors d’un événement anodin, cette victime présente auprès de sa « phalloïde » se voit interpellé par une personne qui lui est complètement étrangère et qui lui dit que ce n’est pas un endroit pour faire un esclandre ! (Alors qu’il ne se passait rien du tout !).

Notre victime, surprise, selon ses termes, « envoie chier cet individu ».

30 secondes plus tard cet individu revient de nouveau accompagné par deux gendarmes en le désignant comme le coupable d’un fait qui n’existait pas.

Il est à noter que la gendarmerie se trouve à 3 km du lieu de l’événement. La victime était d’ailleurs à peine arrivée sur les lieux. (Les gendarmes étaient donc là avant qu’il ne se passe quoi que ce soit).

Les gendarmes ont alors interpellé notre victime pour lui demander des explications sur ce qu’il sur ce qu’il s’est passé.

Notre victime explique alors aux gendarmes qu’il ne s’est rien passé, et après plus d’un quart d’heure d’explication, les gendarmes laissent notre victime repartir.

Ce non-événement sera rapporté deux ans plus tard à un juge aux affaires familiales par la perverse narcissique avec les mots suivants : « l’intervention de la gendarmerie s’étend révélée nécessaire…».

Voilà donc une belle démonstration de détournement de la réalité.

La perverse ayant fait intervenir la gendarmerie essaye de faire croire que s’ils sont intervenus c’est bien qu’il y avait quelque chose de répréhensible à constater.

Il est évident que cette action était menée afin de décrédibiliser la victime, et de l’humilier, devant les dizaines de personnes présentes.

Parmi les témoins, personne n’étend au courant des détails de cet événement, ils n’ont gardé que l’image de notre victime interpellée par des gendarmes.

Notre victime nous rapporte également qu’elle a pu discuter deux ans après l’événement avec l’un des gendarmes qui l’ont interpellé et elle lui a demandé s’il y avait eu un rapport de gendarmerie au sujet de cet événement. La réponse du gendarme était sans appel : « il n’y a pas eu de rapport à ma connaissance car il ne s’est rien passé ».

Cet exemple illustre parfaitement l’adage « calomniez, calomniez… il en restera toujours quelque chose ».

Retenez de cet exemple qu’il suffit d’un seul mot, en l’occurrence « nécessaire », pour transformer toute la réalité.

L’argumentation doublement contraire :

C’est une variante de ce que l’on appelle la double contrainte, ou « double bind » en anglais.

La théorie de la double contrainte a été énoncée pour la première fois en 1956 par Gregory Bateson, anthropologue et psychologue.

La forme la plus courante de la double contrainte est l’injonction paradoxale, et c’est un outil très souvent utilisé par les pervers narcissiques.

L’injonction paradoxale consiste souvent à exiger d’une personne qu’elle fasse quelque chose qui est soit contradictoire avec l’exigence, soit complètement incohérente.

Un de mes exemples préférés est une phrase très souvent utilisée par les gouvernements lors de campagne pour appeler à voter à l’approche des élections (quelles qu’elles soient) : « Ne laissez pas les autres décider pour vous : Votez ! »

Cette phrase est tout à fait paradoxale si on arrive à la lire sur deux degrés différents.

Lors d’une élection on choisit nos représentants. Si vous ne votez pas vous laisser effectivement « les autres » choisir vos représentants à votre place.

Mais la finalité de l’élection étend de faire entendre votre voix, cette injonction à voter, devient paradoxale ! Puisque lorsque vous désignez votre représentant c’est lui qui choisira à votre place.

La constitution est très claire à ce sujet : lorsque vous votez vous désigner une personne qui prendra des décisions à votre place !

On retrouve, notamment lors des dernières élections européennes, le même type d’injonction paradoxale : « ne laissez pas les autres décider pour vous ! »

Encore une fois, si vous votez, vous désignez une personne qui va décider pour vous !

Donc, l’acte que l’on vous demande de faire ne donnera pas le résultat que l’on vous promet.

L’injonction paradoxale telle qu’elle vient d’être illustrée est assez facile à comprendre, ou plutôt, à appréhender (pour peu qu’on y réfléchisse une seconde).

Dans ce que j’appelle personnellement « l’argumentation doublement contraire », le pervers narcissique va utiliser le même argument pour démontrer quelque chose et son contraire.

Voici un exemple très pertinent qui nous est donné à nouveau par une victime masculine.

Notre victime de pervers à un enfant atypique. Cet enfant souffre de troubles du développement qui font partie du spectre autistique, que l’on appelle couramment Asperger.

Cet enfant est qualifié par le corps médical de « haut potentiel », avec un quotient intellectuel très élevé.

La mère, perverse, dira au juge aux affaires familiales que cet enfant Asperger a besoin de beaucoup d’attention et d’aide permanente car malgré ses capacités hors du commun il y a certaines choses très simples que cet enfant n’est pas capable d’exécuter.

Plus tard, la mère reprochera au père le fait que ce même enfant a des difficultés à faire ses lacets ou est incapable de faire du vélo.

On voit très bien ici que le même argument qui consiste à dire que l’enfant n’est pas capable de tout ce qu’un enfant de son âge devrait être à même de faire, est utilisé pour expliquer qu’il est normal que cet enfant ne sache pas tout faire, mais ce même argument est ensuite utilisé à l’encontre du père qui devient coupable du fait que ce même enfant ne sache pas tout faire !

Heureusement, en face de telles attitudes, les juges aux affaires familiales sont rarement dupes.

Il n’empêche que la victime du pervers narcissique passe son temps à se justifier des moindres détails qui sont montés en épingle par l’opposant.

La contrainte rétroactive :

C’est encore une fois un dérivé de la double contrainte.

Le pervers vous demandera de faire quelque chose si vous souhaitez obtenir qu’elle que chose d’autre de sa part.

La demande peut paraître cohérente à la base, mais elle se retournera rapidement contre la victime.

Voici un exemple frappant qui m’a été donné par un homme victime de la mère de ses enfants :

Après leur séparation, la perverse, ordonne à son ancien conjoint et père de ses enfants, de la vouvoyer parce qu’ils n’ont plus de relations intimes et que la victime se doit de respecter le rang social de son ex compagne.

Celui-ci, avec difficulté, s’exerce : il communique par écrit avec la mère de ses enfants, en essayant autant que possible à sa requête de la vouvoyer, mais n’y parvient pas à chaque fois.

Plus tard, la perverse accusera le père de ses enfants d’être puéril en indiquant que celui-ci la vouvoie dans un certain pourcentage de ses communications avec elle !

Il s’agit là d’une manipulation pure et simple.

Il est à noter ici, que la victime fait preuve de bonne volonté car elle cherche une issue honorable, mais que le fait d’accéder aux injonctions de son bourreau se retourne rapidement contre elle.

Conclusion

Ces trois types de manipulation sont systématiques chez le pervers narcissique. J’ajouterai qu’ils sont même caractéristiques de la perverse, au féminin.

En règle générale, il faut percevoir plusieurs symptômes pour pouvoir définir l’interaction perverse entre les individus.

Je pense néanmoins, que les cas que je viens de vous citer avec des exemples, se suffisent à eux-mêmes.

Une personne capable d’une seule de ces manipulations à de très fortes chances d’être pervers narcissique.

  • Détournement de la réalité.
  • Argumentation doublement contraire.
  • Contrainte rétroactive.

Si une personne agit sous l’une de ses formes envers vous, il y a de très fortes chances pour que vous fassiez face à un pervers narcissique, et de plus fortes chances encore que ce soit une perverse narcissique.

Dans ce domaine de manipulation les hommes sont beaucoup moins fins que les femmes.

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, de vos expériences, n’hésitez pas à poser des questions dans les commentaires de cet article, certains lecteurs pourront sans doute vous aider à ouvrir les yeux.

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