About Jaz Coleman – La blague qui tue ! (Killing Joke)

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De la critique. Constructive. Incompréhensive. Orienté. Jugement oblitéré par l’expérience, par la défiance. Énoncer un avis est toujours subjectif. Plus on pense, mais l’objectivité est rigoureuse… ou pas !

Entre savoir ce que l’on dit, et vouloir dire ce que l’on croit : c’est le cul entre deux banquettes (vous remarquerez que si on s’allonge entre deux banquette on peut trouver la position confortable qui permet de faire dépasser ses fesses dans l’interstice. Le confort n’est pas absolu, mais la pratique est confortable.)

Le « cul entre deux chaises », c’est l’équilibre du pour et du contre : une moitié du corps d’un côté, l’autre moitié en contradiction. On peut croire que la position est adéquate pour l’expression, on dit quelque chose et on joue l’avocat du diable : le lecteur choisi sont camps car on lui offre l’étendue des positions.

Quand il s’agit de s’exprimer sur les arts… c’est tellement confus que n’importe qui peut comprendre ce qui l’intéresse !

Vous avez sans doute déjà lu ces formules alambiqués mais néanmoins incompréhensibles au sujet d’artistes : « Il ballait d’un revers sonore tous les préjugés audiophiles ! » (Je viens de l’inventer pour la forme).

Le besoin de qualification humain pousse à dire tout et son contraire afin que l’argumentaire trouve son audience.

Dans le domaine critique qui m’intéresse, celui de la musique, celui qui m’intéresse par-dessus les autres, j’aimerai vous dire que vous êtes très cultivez et je vais parfaire votre culture. Mais c’est faux. Je ne souhaite pas par mensonge, vous faire croire que vous êtes bien et que je vais vous aider à être meilleur… Je suis mensonge. J’exprime mon seul sentiment, … je vais avoir le culot de vous faire croire que je sais. Je vais vous imposer ma réalité, celle que je souhaite être reconnu. Je suis un imposteur. Mais je crois dure comme fer ce que je ressens et je vais essayer de vous convertir…

La mauvaise blague ? Non ! La blague tue !

Killing Joke, en anglais dans le texte, signifie l’extrême limite acceptable en terme d’humour.

La sempiternelle question « peut-on rire de tout ? ».

Finalement, avant de rire d’une blague, encore faut-il en comprendre le sens et les limites.

Et, entre nous, n’avez-vous jamais eu les yeux qui piquent de rire aux éclats quand un Standupiste énonce avec tendresse une vérité exacerbée que vous connaissez très bien mais qui ne peut être dite que sous une forme humoristique ?

La vérité peut être blessante quand elle est crument énoncée, et fait rire quand on l’enrobe d’une distante crédibilité. Pourtant, elle est la même.

Alors quoi ? Jaz Coleman !

Jaz est excentrique, Jaz est doué, Jaz perçois. Il perçoit le présent car il connait bien le passé. Jaz exprime. Il exprime le future immédiat et son long terme. Jaz perçoit.

Jaz Coleman

La musique est faite des musiciens. Ce n’est pas une question, vous l’aurez remarqué.

Jaz Coleman est un multi-talentueux. Il pense, il exprime, et toute les formes d’expressions lui sont favorables. Il cri, il murmure, il symphonise.

Jaz Coleman, dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. La formule est facile mais ce n’est pas de ma faute, c’est la grande gueule de Jaz qui veut cela.

Jaz Coleman est le leader du groupe Killing Joke.

Killing Joke

Blague mortelle ? Il y a déjà ici de la double dérision. C’est le pouvoir de Jaz.

Killing Joke est un groupe musical dont jamais personne n’a pu classifier l’appartenance.

Killing Joke est Rock, Punk, Metal, Trash, Deat-trash, Death-metal, Hard-Root, Trash-Dance, Dance-Trash… parfois Pop, parfois Trop Death, parfois Hard-Trash-Over-The-Death-Of-The-Metal-Punk.

Bref, inclassifiable.

Et encore… Jaz écrit également des symphonies !

TimeLapse

Jaz Coleman chante ce qu’il souhaite exprimer depuis la fin des années 70 ! Il a toujours quelque chose à dire le bougre ! On pourrait être jaloux de sa capacité à s’exprimer… et puis on l’accepte.

Il sait dire les déraisons de l’homme. Que ce soit en les hurlants ou les murmurants.

De « Empire Song » (1982) à Eighties (1985), « Pandemonium » (1994), « European Super State » (2011), « In Cythera » (2012), ou « New Cold War » (2016), Jaz, et Killing Joke DÉNONCENT !

Voilà presque 40 ans que Killing Joke Dénonce !

Killing Joke dénonce l’absurdité de notre civilisation tout en lui reconnaissant ses raisons, ses origines, sa culture.

A l’heure où l’on qualifie la musique pour la vendre au public adéquat, Killing Joke continu de balayer tout le spectre du musicalement consommable afin de distiller la parole plus que la musique.

Malheureusement, quel que soit son style (variable d’une chanson à l’autre), Killing Joke est toujours trop pointu.

Please, Please Me

Si je vous parle de Jaz Colman et son groupe Killing Joke aujourd’hui, c’est parce que j’aimerais que vous en profitiez de leur vivant.

Récemment, la mort de Marc Hollis (leader de Talk Talk) a fait la une des magazines de musique. Marc était plus qu’un chanteur ou un musicien. C’était un poète inattendu.

Je me rappellerai toujours de cette interview (et elles sont rares) dans laquelle il explique qu’avant de jouer deux notes il faut savoir en jouer une correctement, et qu’avant d’en jouer une seule il faut savoir pourquoi on la joue à ce moment-là et pas un autre.

Jaz, c’est la même chose, mais avec les mots. Peu importe pour lui la classification de sa musique, il joue les mots comme Hollis jouait les notes.

Prenez un instant pour écouter « European Super State » de Killing joke,

Prenez un instant pour écouter les mots même si la forme musicale ne vous sied guère, les paroles sont tellement évidentes qu’elles vous empêcheront de rire un instant….

“I’m a Judeo-Christian morality with a Greco-Roman intellect
It’s the way we’re short-wired
It’s a civilising force that demands respect – from the Baltic to the Straits Of Gibraltar
A blue flag gold star sparks a brand new empire
Ours to build, ours the choice”

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