Jean-Paul Belmondo “Bébel ” nous a quitté …

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Ah Bébel, qui était-il vraiment ?

Ce n’était pas une idole, il était bien trop amoureux de la vie pour en être une ; Bébel, c’était un professionnel qui prenait tout à la rigolade en étant capable de prendre les risques les plus invraisemblables pour lui et son public.

C’était « l’homme de Rio », capable de tout, c’était l’irresponsable « des Tribulations d’un chinois en Chine », c’était « Pierrot le fou » un jour, « Léon Morin » un autre, c’était « Un singe en hiver » qui jouait au toréador avec des automobiles avant de faire péter la plage sous les feux d’artifice accompagné de son meilleur complice, Jean Gabin ; tantôt écrivain raté, tantôt Kean magistral au théâtre, tantôt super flic et roi des baffes… Jean-Paul Belmondo était exceptionnel, pour ne pas dire, unique, il a été Bébel pour tout le monde, et Dieu qu’il était extra ordinaire.

Son public, c’était les femmes qui le trouvaient beau et si drôle, c’était ces hommes qui rêvaient de lui ressembler et puis, c’était nous, les gosses, qui étions émerveillés devant ses pitreries et sa gouaille.

Bébel, ce n’était pas un acteur, c’était notre oncle qui allait faire des films et encore des films pour nous permettre de grandir, on le croisait comme un membre de notre famille, il avait cette simplicité, cet amour de la France et des Français, cet homme qui adorait rire avec ses copains du conservatoire qu’il n’a jamais quitté. Bébel, c’était notre Sean Connery français, en plus simple, en plus drôle, sans cette réserve britannique pour un écossais.

Bébel, c’était du grand spectacle, des éclats de rire et des gros flingues, des coups de poing dans la gueule, des tables qui se brisent et des chaises qui volent à travers la pièce, et nous, gamins, on riait à s’époumoner :

         •        Vas-y bébél, balance-lui une droite, un uppercut, fais gaffe à l’autre derrière… oh, qu’est-ce qui bouge bien, quel boxeur…

Jean-Paul Belmondo, c’était un modèle, il était toute mon enfance et mon adolescence, il faisait partie de ma vie, comme de celle de millions d’autres enfants comme moi.

Comme tout le monde, j’ai été très affecté par sa fin de vie, lui si fort, si drôle, si séducteur, terrassé par un AVC, quel courage il a eu de se montrer diminué, je ne l’ai aimé que davantage.

J’ai, comme d’autres, énormément de peine à apprendre son départ, mais je garde de lui tant de souvenirs d’enfance, de joie et de petits bonheurs, qu’il restera à jamais vivant en moi.

Bébel qui disparait, c’est une partie de nous qui s’en va à jamais en laissant un grand vide dans nos coeurs.

Philippe A. Jandrok

rédacteur en chef de cogiito.com

Je remercie PascaleB d’avoir fait cette rubrique si rapidement pour lui rendre hommage.

MALE HUNT, aka (LA CHASSE A L'HOMME), Jean-Paul Belmondo, 1964

“LA CHASSE A L’HOMME”, Jean-Paul Belmondo, 1964

Le cinéma français perd un géant .

https://www.dna.fr/culture-loisirs/ Par David S. TRAN –

Jean-Paul Belmondo, un géant du cinéma français, est décédé ce lundi à l’âge de 88 ans.

Bébel, plus qu’un surnom affectueux, presqu’une marque, un naturel, un jeu sans l’ombre d’une cérébralité déplacée. Une popularité phénoménale : 160 millions d’entrées cumulées en France, dont une moyenne de 3,5 millions par film à l’apogée de sa période casse-cou, pas sa meilleure, entre 1975 et 1985.

Il plaît à tout le monde, aux jeunes, aux cheveux blancs, aux coquettes, aux bien-nés, aux mal lotis. Modèle de Jean Dujardin, icône de Romain Duris, maître en pitreries d’Albert Dupontel, c’est un paradoxe sur pattes, un gigantesque pied-de-nez aux conventions du jeu.

Il n’était pas comme les autres

Tout commence d’ailleurs par un bras d’honneur. Qu’il adresse au jury du Conservatoire, qui le recale à l’examen final. “Il n’était pas comme les autres, plus dingue, plus insolent”, se souvenait Guy Bedos, copain de promo. Un jour, il arrive en cours en pyjama, déclarant être tombé du lit. Les autres jours, il chahute.

Pierre Dux, son professeur, exaspéré par son apparent j’men foutisme, et particulièrement allergique à sa gueule cabossée de boxeur, ses oreilles décollées, ses lèvres charnues comme la bande-annonce du botox, lui lança cette remarque devenue mythique :

“Avec cette tête-là, vous ne pourrez jamais prendre une actrice dans vos bras. Ça fera rigoler tout le monde.”

Un copain rêvé

Quelques années plus tard, alors qu’il file le parfait amour avec la bombe Ursula Andress, le “moche” adressera cette réponse à Dux, croisé dans un restaurant : “Désolé, je n’ai pas pu faire mieux”, en tenant la sublime James Bond girl par les hanches.

C’est ça, Bébel, le faux cancre de la classe et la classe en personne, le pas-beau absolument irrésistible, et surtout le copain gouailleur qu’on rêve tous d’avoir. Avec lui, a déferlé la modernité en même temps que la Nouvelle Vague.

Un splash de fraîcheur, qui noie les tics, et fait émerger un jeu plus libre, une allure plus cool. Le côté populaire du métier ? Il le revendique, quand son supposé rival, Alain Delon, issu d’un milieu plus modeste, aspire à des poses aristocratiques. “Ce n’est pas un acteur de concentration permanente, il est toujours partant pour des bêtises”, signale Claude Lelouch sur le tournage de Itinéraire d’un enfant gâté, le film de son César.

Un amateurisme travaillé et absolument magique

C’est vrai qu’il respire un laisser-aller sans faux-pli, qu’il gesticule, même dans les films d’auteur pur jus, mais n’est-ce pas ce qui les rend aussi accessibles ? Jean Rochefort, son acolyte de Cartouche, résume fort bien cette spontanéité, ce naturel surnaturel : un “amateurisme travaillé et absolument magique”.

Il aimait déconner

Déconner, ah oui, il sait. Chez Godard comme chez Lautner. Qui d’autre que Belmondo peut se targuer de finir Pierrot le fou la tête peinte en bleu et de virevolter en caleçon à pois rouges, suspendu à un filin d’hélicoptère dans Le Guignolo ? Et puis, il y a ses cascades. Pour le meilleur et pour le pire. Chacun piochera, les bons comme les mauvais souvenirs, dans ses films commençant par “Le” : Guignolo, Professionnel, Animal, As des as, Marginal, Morfalous.

Albert Dupontel se souvient : “Après avoir vu Flic ou voyou, j’ai refait dans mon jardin la cascade où il descend d’un câble. Je m’étais lancé du premier étage et je me suis retrouvé pulvérisé par un cerisier sous les éclats de rire de mes frangines qui criaient  ’Vas-y Bébel !’. Quand on est enfant, voir quelqu’un de l’âge de ses parents faire ce qu’il faisait à l’écran, c’était la preuve qu’être adulte n’était pas une fatalité ”. (*)

10 X Belmondo : "Bébel" à l'honneur au cinéma Les Fauvettes à travers 10  films cultes - Actus Ciné - AlloCiné

Au sommet de la pantalonade

Bébel, superstar. Mégastar. Avant lui, aucun acteur français ne s’était transformé en marque de fabrique. Une première aussi, ses pleins pouvoirs. Le tout-puissant Belmondo, celui de Lautner et Zidi, impose son nom à 100 % de la largeur de l’affiche.

Il exige des coupes, impose la grosseur du nom du réalisateur et de ses partenaires, les dialogues, y compris ceux d’un Audiard nettement moins inspirés qu’au temps de “Un singe en hiver”. Belmondo au creux de la cinéphilie mais sommet de la pantalonade.

Un Belmondo heu-reux. Comme dans Acteurs, la parodie de Bertrand Blier sur le milieu du cinéma. Belmondo endosse pratiquement son propre rôle et n’arrête pas de répéter “Qu’est ce que je me suis marré”.

Aujourd’hui, l’autre phrase que Blier lui glisse entre les lèvres sonne comme une prophétie :

“Je suis né de bonne humeur et je vais mourir de bonne humeur.” Et renvoie à la devise fétiche de l’acteur :

“Je riais au berceau et j’espère mourir en riant.”

Mort de Jean-Paul Belmondo : l’acteur cascadeur en 5 films cultes
Jean-Paul Belmondo “On ne me prenait pas au sérieux au Conservatoire” | Archive INA
Standing ovation pour le géant Jean Paul Belmondo – César 2017

https://www.rtl.fr/culture/

d’où venait son surnom Bébel ?

Le surnom bien connu de l’acteur n’était pas une simple référence au nom de famille du comédien.

Aymeric Parthonnaud

Il a été qualifié de Professionnel, d’As des as, de Magnifique grâce à ses films, mais le véritable surnom de Jean-Paul Belmondo a toujours été : “Bébel”. Un surnom efficace et qui ressemble à un simple diminutif, une contraction toute classique de son patronyme. En réalité, Bébel n’est pas qu’une simple référence au début du nom de famille de l’acteur français. 

Bébel était, au départ Pépel. ses amis du Conservatoire, Michel Beaune, Bruno Cremer , Jean-Pierre Marielle, Jean-Pierre Mocky, Claude Rich, Jean Rochefort, Pierre Vernier, Annie Girardot ou encore Françoise Fabian l’appelaient “Pépel” en référence à Pépel Wasska, le clochard cambrioleur interprété par Jean Gabin dans Les bas-fonds de Jean Renoir, adaptation de la pièce de 1902 du dramaturge russe Maxime Gorki. La légende veut que Jean-Paul Belmondo, portant sempiternellement le même pull a été associé par ses petits camarades à ce personnage. 

Une plaisanterie qui apportait un vrai sentiment de fierté à l’acteur. “J’étais fier qu’on puisse me comparer d’une façon ou d’une autre à Gabin”, expliquait-il à Paris Match en 2016. Avec le téléphone arabe des années et la proximité avec son nom de famille, Pépel est devenu Bébél. Jean-Paul Belmondo ne savait pas lui-même expliquer ce glissement dans les consonnes. “Sans qu’on sache vraiment pourquoi, ça s’est transformé en Bébel. Au départ, ça me faisait bizarre. Maintenant, ça me flatte, d’avoir mon surnom”, précisait en préface du livre Plus Bébel la vie celui qui a finalement joué avec son héros Jean Gabin dans Un singe en hiver d’Henri Verneuil en 1962.

Un singe en hiver (1962) – Nous on ne paie plus, on méprise
Jean-Paul Belmondo “Un singe en hiver” | Archive INA
LE MAGNIFIQUE 1973 (Jean-Paul BELMONDO, Jacqueline BISSET)

5 Commentaires

  1. Je vient d’apprendre la nouvelle de bébel un de mes meilleurs acteurs de ma génération toute ma jeunesse ,repose en paix mon ami et que dieu te garde tu sera toujours parmi nous comme tout les vrais acteurs qui sont parti a la droite du père.Alléluia

  2. une icône disparait !! allez bebel ! va retrouver ceux que tu as côtoyé , tes ex-acolytes du rire ils t’attendent en grande impatience de rejouer les actes délirants , faire rire et distraire ceux qui t’ont connus ici-bas et partis depuis bien longtemps déjà .

  3. Je viens d apprendre la triste nouvelle de la disparition de notre Bebel national. Encore une grande figure du cinéma français qui nous quitte et nous laisse orphelins ! Un film qui m a marqué et que j ai vu plusieurs fois sans me lasser, est Peur sur la ville. Cascades, suspens tous les ingrédients d un bon thriller rythmé. Chapeau bas l artiste

  4. J’aimais beaucoup Bébel, comme tant d’autres acteurs/comédiens, mais maintenant j’ai une toute autre vision de ce milieu, dont seulement 0.00…% ont le courage de dénoncer l’effroyable imposture! Vrai que Bébel a été “affaibli” par son AVC et son âge avancé peut ou pourrait lui donner quelque circonstance atténuante.
    N’ayant découvert Francis Lalanne que récemment (car m’intéressant presque exclusivement à la musique classique), je porte cette personne dans mon cœur comme un certain nombre d’autres courageuses, intègre et philanthropes qui défendent l’humanité de notre Créateur.

  5. Merci Monsieur Jean-Paul Belmondo, merci l’Artiste.Je vous salue à l’italienne, pour votre dernière sortie de scène.
    Sincères condoléances à toute sa famille

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