Aaron Neville

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Des couteaux et des poignards tatoués sur les bras. Sur la joue gauche, une croix, celle de Saint-Jude, patron des causes perdues. Dans la pièce encombrée du « Jazz City Studio », impossible de ne pas remarquer ce jeune métis, taillé comme une armoire de Louisiane.

Aaron Neville a 24 ans, il chante en professionnel depuis qu’il en a 15, avec ou sans ses frères, les Neville Brothers. Ce jour de 1966 est a priori comme les autres. Cosimo Matassa, le propriétaire du studio, enregistre tout ce qui bouge à la Nouvelle-Orléans, et il collectionne les tubes avec Fats Domino ou Little Richard.

Mais la chanson du jour est spéciale. « Tell it like it is » : « Il faut dire les choses telles qu’elles sont ».

Aux États-Unis, le 45-tours se vend à plus de 2 millions d’exemplaires. Un morceau doux et fort, tendre et costaud. À l’image d’Aaron.

Le musicien-compositeur-pianiste-guitariste marque lui aussi de son empreinte indélébile ce véritable recueil de joyaux de la musique traditionnelle.
Tout a été enregistré à l’ancienne, les musiciens jouant dans le studio tandis qu’Aaron chantait. Un piano, une guitare, une basse et une batterie ont suffi pour accompagner le chanteur, avec toutefois l’apport de choristes qui travaillent avec lui depuis longtemps et qui ont su retrouver les harmonies qui conviennent le mieux aux titres de gospel choisis.

Le résultat obtenu est un écrin musical à la charge émotionnelle puissante. Jamais la voix d’Aaron Neville n’avait été aussi bien accompagnée par des musiciens, à l’exception de Charles, Art et Cyril, alias The Neville Brothers.

Dominique Boulay
Paris-Move & Blues Magazine

 

Grand coup de cœur pour cet album d’Aaron Neville sorti en novembre 2010 aux States et qui est enfin distribué en France. Dans la ligne de l’opus ‘Gospel Roots’, ce ‘I Know I’ve Been Changed’ confirme par le titre de l’album et par les chansons proposées, qu’Aaron Neville a changé et qu’elle est loin, désormais, cette époque où il bossait avec Linda Ronstadt pour de la zik plus commerciale et passe-partout.
Avec ce nouvel album, Aaron Neville ‘sait’ qu’il l’a changé, et il nous le chante avec passion et émotion. Une émotion que l’on ressent à chaque instant, les titres ayant été enregistrés en 3 jours et produits par le phénomène qu’est Joe Henry (Elvis Costello, Bettye Lavette, Allen Toussaint,…), un Allen Toussaint que l’on retrouve d’ailleurs sur cet album, et qui le marque de sa griffe très personnelle, de la première à la dernière note.

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