Les 4 principales raisons de vérifier votre taux de fer et non celui de votre cholestérol

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EN BREF

  • Il est lié au cancer, aux maladies cardiaques, aux maladies neurodégénératives, à l’arthrite goutteuse, à l’hépatite C, aux maladies du foie et à de nombreux autres problèmes de santé
  • Un taux élevé de fer dans le liquide céphalo-rachidien est fortement corrélé à la présence de l’allèle à risque d’Alzheimer APOE-e4, et un taux élevé de fer dans votre cerveau peut en fait être le mécanisme par lequel l’APOE-e4 devient un facteur de risque génétique majeur pour la maladie
  • Un taux de ferritine élevé a été lié à un métabolisme du glucose dysfonctionnel, augmentant le risque de diabète de cinq fois chez les hommes et de quatre fois chez les femmes, un coefficient de corrélation similaire à celui de l’obésité
  • Le fer cause des dommages importants principalement en catalysant une réaction au sein de la membrane mitochondriale interne. Lorsque le fer réagit avec le peroxyde d’hydrogène, des radicaux libres hydroxyles se forment, causant un grave dysfonctionnement mitochondrial

Par le Dr. Mercola

Tandis que de nombreux examens de santé sont surestimés ou inutiles, il y en a quelques-uns qui sont d’une importance vitale. Par exemple, tandis que la plupart des individus vérifient régulièrement leur taux de cholestérol, même s’il est prouvé qu’un taux élevé de cholestérol n’a pas d’impact significatif sur la santé cardiaque, peu d’entre eux pensent à vérifier leur taux de ferritine sérique (fer stocké).

La plupart des médecins ignorent également cet important examen de santé. C’est tragique, car si votre organisme a besoin de suffisamment de fer pour rester en bonne santé, des taux élevés sont associés au cancer, aux maladies cardiaques, aux maladies neurodégénératives, à l’arthrite goutteuse et à de nombreux autres problèmes de santé.

Comme l’indique un article publié en 2007, l’hépatite C chronique et les maladies du foie en phase terminale constituent d’autres conditions de surcharge en fer, et même « une augmentation légère ou modérée des réserves de fer semble avoir une pertinence clinique significative » dans ces maladies et dans d’autres.

La surcharge en fer est également particulièrement préoccupante dans la maladie d’Alzheimer. Selon des études récentes, l’accumulation de fer, qui provoque un effet de rouille dans le cerveau, y joue un rôle important et elle se retrouve chez la plupart des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Une autre étude suggère qu’un taux élevé de fer dans le liquide céphalo-rachidien est fortement corrélé à la présence de l’allèle à risque d’Alzheimer APOE-e4, et qu’un taux élevé de fer dans votre cerveau peut en fait être le mécanisme par lequel l’APOE-e4 devient un facteur de risque génétique majeur pour la maladie.

Jusqu’à présent, un objectif principal du traitement conventionnel a pour but d’éliminer les protéines amyloïdes. Mais bien que cette approche semble logique, de telles tentatives ont rencontré un succès limité. Les chercheurs suggèrent maintenant que l’élimination de l’excès de fer pourrait être un moyen plus efficace de réduire les dommages et de ralentir ou de prévenir le processus de la maladie d’Alzheimer.

Le test GGT est également conseillé pour exclure la toxicité du fer

Un test de gamma-glutamyl transpeptidase (GGT) peut également être utilisé comme marqueur de dépistage de l’excès de fer libre et constitue un excellent indicateur de votre risque de mort cardiaque subite. Des études récentes suggèrent également qu’une GGT élevée est associée à la résistance à l’insuline, aux maladies cardiométaboliques et aux maladies rénales chroniques.

Ces dernières années, les scientifiques ont découvert que la GGT est hautement interactive avec le fer, et lorsque votre ferritine sérique et votre GGT sont toutes deux élevées, vous courez un risque considérablement accru de problèmes de santé chroniques et de mort prématurée, car vous avez alors une combinaison de fer libre (qui est hautement toxique) et de stockage du fer qui entretient cette toxicité. De ce fait, il est conseillé d’effectuer un test GGT en plus d’un test de ferritine sérique afin d’exclure la toxicité du fer.

La surcharge en fer est extrêmement fréquente

Comme l’a noté Clayton Dalton, interne en médecine d’urgence au Massachusetts General Hospital de Boston, dans un article récent paru dans Nautilus, il est tout à fait possible de s’approcher dangereusement de l’apport quotidien maximal de fer considéré comme sûr simplement en prenant un petit-déjeuner, puisque deux portions de céréales enrichies pour le petit-déjeuner peuvent fournir jusqu’à 44 milligrammes (mg) de fer dans certains cas.

Entre-temps, le seuil de tolérance supérieur est de 45 mg pour les adultes, et l’apport quotidien recommandé est de 8 mg pour les hommes et de 18 mg pour les femmes préménopausées (c’est-à-dire les femmes qui ont encore leurs règles).

En effet, la plupart des hommes adultes et des femmes ménopausées sont exposés à un risque de surcharge en fer et doivent faire attention à leur consommation, car ils ne perdent pas de sang régulièrement. La perte de sang est le principal moyen de réduire l’excès de fer, car votre corps n’a aucun mécanisme d’excrétion actif.

Il existe également une maladie héréditaire, l’hémochromatose, qui fait que votre corps accumule un taux excessif et dangereux de fer. Les éléments suivants peuvent également causer ou exacerber un taux de fer élevé. N’oubliez pas que vous ne pouvez pas fonder votre risque de surcharge en fer sur ces seuls facteurs. Vous devez effectivement mesurer votre taux de fer si vous :

  • Cuisinez dans des casseroles ou des poêles en fer. La cuisson d’aliments acides dans ces types de casseroles ou de poêles entraînera des taux d’absorption du fer encore plus élevés
  • Consommez régulièrement des aliments transformés tels que les céréales et les pains blancs enrichis en fer. (De plus, le fer utilisé dans ces produits est du fer inorganique, qui a plus de points communs avec la rouille qu’avec le fer biodisponible présent dans la viande.)
  • Buvez de l’eau de puits riche en fer. La clé ici est de vous assurer que vous avez un type de précipitateur de fer et/ou un filtre à eau à osmose inverse
  • Prenez plusieurs vitamines et compléments minéraux, car ces deux produits contiennent souvent du fer
  • Consommez régulièrement de l’alcool, car cela augmente l’absorption du fer présent dans votre alimentation. Par exemple, si vous buvez du vin avec votre steak, vous absorberez probablement plus de fer que nécessaire

Le métabolisme du fer et les maladies

La découverte de l’hepcidine en 2000 a déclenché une série d’études montrant à quel point la surcharge en fer peut être dangereuse, même si vous n’avez pas de mutation du gène HFE. Je vous recommande de lire l’article original, dont voici un résumé rapide des points essentiels :

1. Le fer et les maladies cardiovasculaires : une méta-analyse publiée en 2013 a révélé que 27 des 55 études publiées ont démontré une relation positive entre le fer et les maladies cardiovasculaires, un taux de fer plus élevé étant lié à un risque plus élevé de maladie. Vingt des études n’ont trouvé aucune relation significative, et seulement huit ont fait état d’une relation négative, un taux de fer plus élevé étant associé à un risque de maladie plus faible.

Par exemple, une étude scandinave a révélé qu’un taux élevé de ferritine multipliait par deux ou trois le risque d’infarctus chez les hommes. Dans une autre étude, les personnes présentant un taux élevé de ferritine étaient cinq fois plus susceptibles de subir une crise cardiaque que celles dont le taux était normal.

Une troisième étude a révélé qu’un taux de ferritine élevé doublait le risque de crise cardiaque. Fait important, dans cette étude, les chercheurs ont constaté que chaque augmentation de 1 % de la ferritine augmentait le risque de crise cardiaque de 4 %, et que le seul facteur de risque qui pesait plus lourd que la ferritine était le tabagisme.

Les scientifiques canadiens ont également évalué le lien entre le fer sérique (par opposition à la ferritine sérique) et le risque de crise cardiaque, la ferritine n’étant pas un marqueur parfait du statut en fer. Ils ont également constaté qu’un taux élevé de fer multipliait par deux le risque de crise cardiaque chez les hommes et par cinq chez les femmes.

2. Le fer et le diabète :le lien entre une teneur élevée en fer et le diabète s’est également renforcé au fil des ans. À la fin des années 80, on a découvert que les patients qui reçoivent des transfusions sanguines courent un risque nettement plus élevé de diabète, ce qui laisse penser que le fer lui-même, et pas seulement des facteurs génétiques, est en fait en cause.

En 1999, des chercheurs ont établi un lien entre une ferritine élevée et un risque de diabète cinq fois plus élevé chez les hommes et presque quatre fois plus élevé chez les femmes. Cinq ans plus tard, la ferritine était liée à un risque doublé de syndrome métabolique, qui est également fortement associé au diabète et aux maladies cardiovasculaires.

Puis, en 2011, une étude portant sur le lien entre la saturation de la transferrine (une mesure de la charge en fer de votre protéine de transferrine) et le risque de diabète a conclu que le fait d’avoir une saturation de la transferrine supérieure à 50 % multipliait par deux ou trois le risque de diabète et augmentait le taux de mortalité.

3. Le fer et le cancer :comme l’a noté Clayton Dalton, « on savait depuis la fin des années 1950 que l’injection de fortes doses de fer à des animaux de laboratoire pouvait provoquer des tumeurs malignes ». Malheureusement, il a fallu attendre trois décennies pour que les scientifiques commencent à étudier le lien entre le fer et le cancer chez l’homme. Aujourd’hui, il existe de nombreuses preuves de ce lien. Parmi ces preuves, des études montrent que :

  • Un taux élevé de ferritine est associé à un risque trois fois plus élevé de décès par cancer
  • Les hommes qui développent un cancer ont une saturation de la transferrine et un taux de fer dans le sang plus élevé que les hommes sans cancer
  • Les donneurs de sang ont entre 20 et 30 % moins de risques de développer un cancer que les non-donneurs
  • Une ferritine élevée multiplie par trois le risque de cancer colorectal et par 1,5 le risque de cancer du poumon. Une méta-analyse de 33 études portant sur le lien entre le fer et le cancer colorectal a révélé que plus de 75 % de ces études soutenaient ce lien
  • Le risque de mourir d’un cancer augmente avec le taux de fer sérique et de saturation de la transferrine. Les personnes présentant les taux les plus élevés présentent un risque de décès deux fois plus élevé que les personnes présentant les taux les plus faibles

4. Le fer et les maladies neurologiques : enfin, il a été démontré à plusieurs reprises qu’un taux de fer élevé peut causer des ravages dans le cerveau.

Les taux idéaux de fer et de GGT

Lorsque vous vérifiez votre ferritine sérique, il est important de se rappeler que les plages « normales » pour la GGT et la ferritine sérique sont loin d’être idéales. Si vous êtes dans la fourchette « normale », vous êtes pratiquement assuré de développer un problème de santé. Il est également important de se rappeler que vous avez besoin des deux tests pour confirmer l’absence de toxicité ferreuse.

Les taux recommandés, idéaux, de ferritine et de GGT sont les suivants :

  • Ferritine : Hommes adultes et femmes non menstruées : 30 à 40 nanogrammes par millilitre (ng/ml) ou 75 à 100 nanomoles par litre (nmol/l).

Le seuil de carence en fer le plus couramment utilisé dans les études cliniques est de 12 à 15 ng/ml (30 à 37 nmol/l). Votre taux ne doit pas être inférieur à 20 ng/ml (50 nmol/l) ou supérieur à 80 ng/ml (200 nmol/l). Un taux de fer élevé pendant la grossesse est également problématique. Un taux de 60 ou 70 ng/ml (150 ou 175 nmol/l) est associé à une plus grande probabilité de conséquence négative pour la grossesse.

  • GGT : le taux idéal de GGT est inférieur à 16 unités par litre (U/L) pour les hommes et inférieur à 9 U/L pour les femmes. Au-dessus de 25 U/L pour les hommes et 18 U/L pour les femmes, le risque de maladie chronique augmente considérablement.

Étant donné que la ferritine et la GGT sont interactives, un taux faible de GGT a tendance à protéger contre une ferritine plus élevée. Ainsi, si votre GGT est faible, vous êtes largement protégé, même si votre ferritine est un peu plus élevée que l’idéal. Toutefois, il serait sage de prendre des mesures pour faire baisser votre ferritine à un taux plus idéal. D’un autre côté, même si votre ferritine est faible, le fait d’avoir un taux élevé de GGT est préoccupant et doit être traité.

Si vous êtes mince, avec un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 22 ou 23, Koenig suggère de passer également un test de transferrine, ce qui vous donne un pourcentage du niveau de saturation. Un taux de 25 à 35 % est généralement considéré comme sain. Dans les années 1970, le test de saturation de la transferrine fut utilisé comme marqueur de décès prématuré. Avoir un pourcentage de saturation de la transferrine supérieur à 55 indiquait un risque accru de 60 % de décès prématuré.

Comment faire baisser vos taux de fer et de GGT

Si votre taux de fer est trop élevé, le moyen le plus simple de le faire baisser est de donner du sang deux ou trois fois par an. Si vous présentez un surdosage sévère, vous devrez peut-être faire des phlébotomies plus régulières. L’utilisation régulière du sauna, qui est une forme efficace de détoxification, est également utile.

Alors que j’ai longtemps recommandé le don du sang comme solution à la surcharge en fer, je pense maintenant qu’une approche équilibrée utilisant la phlébotomie, la détoxification et la réduction du fer alimentaire, en particulier de la viande, est la meilleure façon de s’y prendre.

Gardez à l’esprit qu’essayer de contrôler un taux élevé en fer par le seul biais de votre alimentation peut être risqué, car vous renoncerez également à de nombreux nutriments précieux. Cela dit, pour éviter de maximiser l’absorption du fer, évitez de consommer des aliments riches en fer en combinaison avec des aliments ou des boissons riches en vitamine C, car la vitamine C augmentera l’absorption du fer. Si nécessaire, vous pouvez également prendre un complément de curcumine. La curcumine agit comme un puissant chélateur du fer et peut s’avérer être un complément utile si votre taux de fer est élevé.

Concernant la baisse de votre taux de GGT, vous devrez mettre en œuvre des stratégies qui stimulent le glutathion, un antioxydant puissant produit dans votre corps, car la GGT est inversement liée au glutathion. Lorsque votre taux de GGT augmente, celui de votre glutathion diminue. Cela fait partie de l’équation expliquant comment une GGT élevée nuit à votre santé. En élevant votre taux de glutathion, vous ferez baisser celui de votre GGT.

La cystéine, un acide aminé présent dans les protéines de lactosérum, la volaille et les œufs, joue un rôle important dans la production de glutathion par votre corps. La viande rouge, qui ne contient pas de cystéine, aura tendance à augmenter la GGT, tout comme l’alcool. Donc les deux doivent être évités.

La recherche suggère également que la consommation d’au moins 10 portions de fruits et légumes riches en vitamine C, fibres, bêta-carotène, anthocyanes et folate par semaine peut contribuer à réduire la GGT. Les exemples incluent les carottes, la laitue romaine, les épinards, les patates douces, les abricots et les tomates.

Sachez également que certains médicaments peuvent augmenter votre GGT. Si tel est le cas, veuillez consulter votre médecin pour déterminer si vous pouvez arrêter le médicament ou passer à autre chose, et éviter les médicaments en vente libre, y compris l’ibuprofène et l’aspirine, qui peuvent tous deux endommager votre foie.

La détoxification générale est un autre élément important si votre GGT est élevée, car le travail de votre foie consiste à éliminer les toxines de votre corps. Le fait que votre taux de GGT soit élevé signifie que votre foie est stressé.

Prenez votre santé en main : Vérifiez votre taux de fer chaque année

Je suggère fortement à la plupart des adultes d’envisager sérieusement de faire un test de ferritine sérique chaque année pour confirmer que votre taux n’est ni trop élevé ni trop bas. Encore une fois, gardez à l’esprit que les fourchettes « normales » pour la ferritine sérique sont loin d’être idéales. Dans certains laboratoires, un niveau de 200 à 300 ng/ml (499 à 749 nmol/l) se situe dans la plage normale pour les femmes et les hommes respectivement, ce qui est bien trop élevé pour une santé optimale.

En ce qui concerne la surcharge en fer, je pense qu’elle peut être tout aussi dangereuse pour votre santé qu’une carence en vitamine D et vérifier votre statut en fer est bien plus important que votre cholestérol. Bien qu’un bilan ferrique complet qui vérifie le fer sérique, la capacité de fixation du fer et la ferritine puisse être utile, vous n’avez réellement besoin que du test de ferritine sérique et du test GGT. Votre médecin peut vous prescrire une ordonnance pour ces tests.

Ainsi, pour répéter certains des messages les plus importants à retenir, pour prévenir les problèmes de santé dus à une surcharge en fer, veillez à :

1. Faire régulièrement un dépistage de la surcharge en fer en mesurant le taux de ferritine sérique ou le taux de GGT pour confirmer que vous n’avez pas d’excès de fer et, si c’est le cas, donnez du sang pour faire baisser vos taux. Une récente loi américaine autorise toutes les banques de sang à pratiquer la phlébotomie thérapeutique en cas d’hémochromatose ou de surcharge en fer. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une ordonnance de votre médecin

2. Réduisez votre apport net en glucides et augmentez les matières grasses saines pour passer en mode de combustion des graisses et protéger vos mitochondries. Cela permet de réduire radicalement les DRO et la production de radicaux libres secondaires

3. N’évitez pas les aliments riches en fer. Évitez simplement de les combiner avec des aliments riches en vitamine C, et associez-les plutôt à des aliments riches en calcium pour en limiter l’absorption. Évitez également l’alcool, qui augmente l’absorption du fer dans votre alimentation. Vous pouvez également envisager de prendre un complément de curcumine pour réduire votre charge en fer sans risquer d’éliminer d’autres minéraux précieux

4. À moins que vous ne souffriez d’une carence en fer documentée en laboratoire, éviter les multi-vitamines, les compléments de fer et les compléments minéraux contenant du fer

Sources et Références :

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