L’incidence désastreuse d’une personnalité perverse narcissique sur votre santé !

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En préambule de cet article je dois vous rappeler que ce sujet est fréquemment abordé dans la littérature concernant l’étude des perversions narcissiques, mais qu’il n’est jamais très approfondi.

Dans les livres sur ce sujet vous trouverez généralement un petit chapitre qui peut se résumer par « fréquenter une personne toxique est néfaste pour votre santé ».

Comme vous le savez sans doute, le corps médical dans son ensemble a rarement l’occasion d’étudier directement une personne perverse narcissique, mais c’est l’étude des victimes qui demandent de l’aide qui met en évidence l’existence de personnages toxiques dans leur entourage.

Aujourd’hui, je voudrais profiter d’un exemple qui m’a été rapporté, que j’ai pu corroborer avec le psychologue de cette victime et son médecin généraliste traitant. C’est d’ailleurs en discutant avec ces deux derniers au sujet de notre victime que non seulement j’ai été moi-même frappé par l’évidente corrélation entre l’état de santé de celle-ci et la présence d’une perverse narcissique dans son entourage très proche.

Voici le contexte : notre victime, de sexe masculin, a eu pour compagne une personne qui lui était toxique pendant 14 années.

Durant les quatre premières années, le couple vit dans un appartement d’une grande agglomération qui appartient notre victime et son dossier médical est complètement vierge.

La cinquième année, ce couple met au monde un enfant.

L’année qui suit, la sixième, la compagne de notre victime arrive à le convaincre de déménager à la campagne (en pleine campagne !) à plus de 45 minutes de la plus grande ville.

Ce détail qui peut paraître anodin est en fait très important : les amis de notre victime avec qui j’ai pu discuter de ce point en particulier ont tous été catégoriques à ce sujet, d’après eux notre victime était un pur citadin, ils ont donc été tous surpris qu’il parte habiter dans un « trou perdu », certains m’ont même rapporté qu’ils pensaient que notre sujet n’aurait jamais d’enfant, que cela ne lui ressemblait pas.

Installé depuis quelques semaines dans son nouveau domicile, notre victime rend pour la première fois visite à un médecin généraliste local qu’il désigne comme son médecin traitant.

Notre victime n’est pas une « chochotte » : il ne consulte des médecins que lorsqu’il est à bout.

Tout le parcours médical des années suivantes sont enregistrées dans la base de données du médecin traitant : durant les huit années qui suivent son emménagement dans ce nouveau domicile, il consultera son médecin traitant pour des rhumes et des grippes surinfectées en moyenne huit fois par an !

Notre victime m’explique qu’il pensait que c’était lié à du surmenage ! (Il est hypersensible et dotée d’un très haut quotient intellectuel). Il se qualifie lui-même comme workaholic (addict au travail).

Notons que la neuvième année, un deuxième enfant du couple voit le jour.

À partir de là, non seulement notre victime passe plus de la moitié de son temps à se sentir « malade », mais elle consulte plusieurs fois son médecin traitant pour des symptômes très variés en plus des surinfections.

Deux années de suite, il sera, selon ses termes, « terrassés » par des méningites virales.

Il me rapporte également une période qu’il qualifie de « très étrange » durant laquelle il a consulté son médecin traitant à quatre reprises en quelques mois parce qu’il avait « l’impression d’avoir la respiration bloquée ». Ces quatre consultations sont référencées chez son médecin traitant comme « sensation d’insuffisance respiratoire ». En effet, après avoir fait des mesures, le médecin ne trouvait aucun symptôme.

Cette sensation a apparemment été très marquante pour notre victime qui m’explique que « j’avais envie de respirer plus profondément, mais je n’y arrivais pas. ».

Il résumait également cette période d’environ huit années, en disant que « j’avais l’impression que mon corps me lâchait ».

Pris individuellement, chacun de ces symptômes dans le temps peut trouver une réponse simple et un traitement simple.

Rappelons néanmoins que notre victime est une personne brillante qualifiée par son entourage de « mouton à cinq pattes ». Pour ceux qui ne connaissent pas cette expression, elle sous-entend que la personne désignée est capable de prouesses rares.

De façon anecdotique, notre victime me raconte lors de notre entrevue qu’un ami de longue date lui a dit un jour qu’il était comme les chevaux de course : il pouvait faire des prouesses dans un temps donné, mais était très fragile en dehors de l’instant de l’action.

Et j’en arrive à ce qui est le plus intéressant. Même si notre victime a vu s’accumuler dans le temps divers symptômes, qui était sans doute autant de signaux d’avertissement, c’est le dénouement qui va nous permettre avec étonnement, comme ça a été le cas de son psychologue et de son médecin traitant, de découvrir que cette dégradation de sa santé n’était pas simplement liée à des fragilités exacerbées par le temps (l’âge).

Quand, après 14 ans de vie commune, alors que sa compagne toxique s’est évertuée à essayer de le mettre à la porte mais qu’il a su résister, elle décide de partir avec ses enfants en se faisant passer pour une victime, l’état de santé de notre sujet change radicalement.

Un an avant le départ de son bourreau, le médecin traitant et le psychologue de notre victime avait commencé à le soigner pour une dépression « profonde ». Techniquement il lui a été prescrit un anxiolytique et un antidépresseur.

Durant cette période pendant laquelle il continuait de fréquenter sa compagne quotidiennement, son état de santé restait précaire : rhumes fréquents, surinfections à chaque rhume, et un nouveau symptôme physique que l’on décrit souvent par le mot anglais « collapse » (effondrement).

Même si sa médications lui permettaient selon ses termes « de survivre », il a décrit à plusieurs reprises à son médecin traitant et à son psychologue un état total d’effondrement quotidien, généralement entre 14 heures et 15 heures, période durant laquelle il ne pouvait se soustraire au besoin de dormir que lui imposait son corps.

Lorsqu’enfin sa compagne qui de toute façon n’avait plus de relations intimes avec lui se décida à partir, la réaction sur l’état de santé de son corps fut sans appel : plus aucun symptôme de maladie !

Fini les rhumes, fini les surinfections, fini les sensations d’insuffisance respiratoire…, plus rien !

Et l’étonnement ne s’arrête pas là ! Je vous ai dit que la mère « PIN’s » était partie avec ses deux enfants, mais le père a pu rapidement récupérer l’aîné des deux qui « ne supportait plus sa mère ».

Il s’avère que cet enfant était également très fréquemment malade. Il ratait d’ailleurs systématiquement une semaine d’école sur deux.

Voici maintenant deux ans que les rapports entre nos victimes (le père et un de ses enfants) avec leur Pins se limite au strict minimum.

Dès lors, l’enfant resté avec le père n’a raté aucune journée de scolarité pour raisons de santé, et les seules interactions du père avec le corps médical consistent à éviter de retomber en dépression.

En effet, notre victime me rapporte que depuis maintenant un an, il ne prend plus de médications anti dépressives. Néanmoins, vivant systématiquement dans la crainte du prochain coup porté par son bourreau, son médecin a eu la brillante idée de lui prescrire un antipsychotique à faible dose.

Voici comment notre témoin m’a rapporté le choix d’accepter l’essai d’un antipsychotique :

  • « Tous les matins, systématiquement, je démarrais ma routine qui consistait à boire un café puis à fumer une cigarette. Cette première cigarette du matin, je la fume dehors. Je contemple le paysage que je connais par cœur… et dès les premières secondes je me mets à penser au mal qui m’a été infligé par la mère de mes enfants. Et très vite je me mets à penser au prochain coup elle portera ! Et je ne suis pas dupe… à chaque fois que je me disais qu’elle allait faire ceci ou cela, systématiquement cela arrivait. Cet état d’esprit durait toute la journée, et m’épuisait. C’était comme un malheur qui était déjà arrivé, que je ruminais, en pressentant qu’il arriverait. Il y a même à ce moment-là, une distorsion du temps. On s’habitue tellement à être meurtri qu’on ressent les coûts par avance. Après en avoir discuté mon médecin et avoir lu quelques traités à ce sujet j’admettais être soumis malgré moi à une pression dont les symptômes ressemblent comme deux gouttes d’eau à une psychose! C’est grâce à mon psychologue que je me suis rendu compte que cette psychose ne prenait pas source en moi-même mais qu’elle mettait imposer par mon bourreau. »

Voilà donc maintenant une grosse année que notre témoin prend un anxiolytique léger tous les soirs pour faciliter son endormissement, et qu’il prend également cet antipsychotique qui lui permet selon ses termes « de ne pas ruminer ».

Il me confie également que grâce à ce traitement il arrive à se concentrer suffisamment longtemps sur des choses qui n’ont rien à voir avec sa situation de victime : il explique « j’arrive enfin à me concentrer sur mon travail ! ».

Je vous propose maintenant quelques phrases importantes de notre entrevue :

« Elle me faisait comprendre à demi-mot que tout ce que je pouvais faire par plaisir étais inutile et ridicule. Elle était parfois plus directe en me disant que j’étais incapable de réussir ma vie, que j’avais des problèmes financiers (Qui étaient de son fait… Elle ne payait rien !), Et qu’en ayant des problèmes financiers il n’était pas normal que je puisse prendre du plaisir à exercer les choses pour lesquelles j’avais un intérêt particulier. Je finissais par me sentir coupable de faire quoi que ce soit qui n’avait pas un rendement financier ».

« Quand j’essayais de partager avec elle certaines choses que j’aimais, elle commençait par prendre une attitude complètement indifférente, puis elle se mettait à soupirer (comme si je lui faisais perdre son temps), puis elle me sortait des phrases généralistes et très vagues comme : il y a quand même des choses plus importantes dans la vie ! ».

« Elle passait son temps à m’expliquer à demi-mot que tout ce que je faisais étais ridicule… que ça ne servait à rien… et donc que je ne servais à rien ! Bref elle essayait de me faire croire qu’elle savait ce que c’est de vivre, mais que moi je n’étais qu’un gamin qui ne comprenait rien. »

« Un jour, prétextant sa position sociale, elle a exigé verbalement que je la vouvoie. C’était devenu une condition pour qu’elle réponde à mes questions. Maladroitement j’accédai de temps à autre à sa requête parce que j’avais besoin de réponse. Plus tard elle utilisait le fait qu’il m’arrivait de la vouvoyer pour essayer de démontrer que j’étais immature, puéril ! »

« En travaillant à ce sujet avec mon psychologue, je me suis rendu compte que les interactions que j’avais avec elle ne reposais que, systématiquement, sur des injonctions paradoxales. Elle me donnait deux choix, autant dire choisir entre de la merde et de la merde, et je devais prendre parti sur ces propositions car il était interdit pour moi de proposer une alternative (souvent beaucoup plus censé) ».

« Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas compris beaucoup plus tôt ce qui se passait. En fait, elle m’expliquait que je ne comprenais rien, et elle me disait comment je devais vivre ma vie. Malheureusement pour moi, si j’essayais de faire comme elle disait, ce n’était jamais suffisant. En fait, elle fabriquait un jeu en déclarant des règles, et elle se proclamait juge (ou arbitre). Même si je faisais ce qu’elle me disait de faire, en tant que juge elle m’expliquait systématiquement que j’avais perdu et que j’étais même incapable de comprendre les règles du jeu ! »

Ce qu’il est important de comprendre à travers ce témoignage, c’est que notre victime faisait preuve de bonne volonté. Il ne prétendait pas savoir ce qu’est la vie et comment la vivre, et il se proposait d’essayer de vivre avec les règles qui lui étaient proposées (imposées!) par son bourreau, celui-là même qui lui prétendait que s’il suivait ses règles il mènerait enfin une vie convenable. Mais les dés étaient pipés.

Maintenant que notre victime a accepté que des personnes aussi néfastes que son ancienne compagne pouvait réellement exister, maintenant qu’il a accepté qu’il ne pouvait pas régler tous les problèmes du monde et encore moins (apparemment) ceux de sa compagne perverse narcissique, il a su déculpabiliser. C’est d’ailleurs un mot qui est revenu fréquemment dans notre entrevue. La culpabilité! Ce sentiment de culpabilité, comme d’autres sentiments, pouvant être très intense chez lui, c’était devenu un moteur. Malheureusement, c’était le moteur qui le poussait vers une grande descente aux enfers.

Je vais conclure cet article en laissant la parole à notre témoin. Voici la dernière phrase qu’il a prononcé lors de notre entrevue :

« S’il y a une chose à retenir, c’est d’abord qu’il faut du temps pour accepter que des personnages aussi néfastes existent, et qu’une fois que l’on sait qu’ils existent, il ne faut pas rester dans le mutisme. Si vous voyez autour de vous, dans vos amis, dans votre travail, dans vos familles, des situations équivalentes, je vous interdis de vous taire ! Si vous ne dîtes rien, vous êtes complices ! »

à bon entendeur…

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