« Delphine et Carole, insoumuses », un documentaire à ne pas manquer !

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Carole Roussopoulos (au premier plan) et Delphine Seyrig. Photo : Les films de la Butte

Arte propose de voir ce passionnant documentaire jusqu’au 02/05/2020 : « Delphine et Carole, insoumuses » de Callisto McNulty (France/Suisse, 2019, 70 min) 


À travers l’amitié entre l’actrice Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, leurs luttes et leurs images subversives, un hommage vibrant au féminisme « enchanté » des années 1970, joyeuses et foutraques.

« C’est avec la vidéo que nous nous raconterons. »

Delphine et Carole, insoumuses

Quelques mois avant sa mort, en 2009, la vidéaste Carole Roussopoulos a souhaité faire le portrait documentaire de son amie et compañera féministe Delphine Seyrig. Un projet inachevé, repris par ses enfants Alexandra et Géronimo, et sa petite-fille Callisto, réalisatrice de ce documentaire. Carole Roussopoulos fut la deuxième personne à acquérir une caméra vidéo en France après Jean-Luc Godard.

Elle initie les femmes à ce média lors de stages auxquels s’inscrit Delphine Seyrig. « Inculte comme j’étais, je ne savais pas qui c’était », s’amuse Carole. « Très vite, Delphine a compris l’utilisation subversive de la vidéo. On est devenues copines et on a commencé à travailler ensemble. » Habituée à jouer sous la direction des hommes, la comédienne voit dans cet outil la possibilité « d’avoir une expression à soi ». Il permet aussi à ce duo frondeur de raconter les luttes des femmes et de leur donner la parole dans de nombreux documentaires.

« Ce que Delphine m’a appris c’est l’irrévérence. Plus la personne était importante, plus elle avait envie de lui rentrer dans le chou. »

Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Maria SchneiderDelphine et Carole, insoumuses

On connaît la brillante carrière de l’actrice Delphine Seyrig. Ce film dévoile un pan méconnu de sa vie : son tempérament irrévérencieux et son soutien passionné au combat féministe. Dans un foisonnement d’images à la croisée de l’histoire, de la poésie militante et de l’intimité défilent la révolte des prostituées de Saint-Nizier, les copines du MLF, Jane Fonda révélant l’envers brutal du star-system, Delphine Seyrig s’énervant contre le procès fait à la « sexualité vagabonde des femmes » par un ministre. Le documentaire replonge dans les seventies, époque d’activisme virulent, joyeux et foutraque, mais aussi de misogynie pépère, car peu contredite à la télévision. Un hommage vibrant à l’amitié, au féminisme rigolard et à la vidéo comme vecteur d’émancipation, qui incite à redécouvrir l’œuvre documentaire des deux « insoumuses ». 

« Il y a énormément de femmes qui ont bousillé leur carrière en prenant des positions ouvertement féministes. »

Delphine et Carole, insoumuses
Delphine et Carole, insoumuses
Delphine et Carole, insoumuses
Delphine et Carole, insoumuses
Delphine et Carole, insoumuses

Source : arte.tv

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