Mesure du QI et communication

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1962

Malgré une centaine d’années d’existence (1905), la mesure du Quotient intellectuel reste un sujet tabou. Avant même de savoir exactement ce qu’est un test de QI, l’idée qu’un jugement va être porté sur notre capacité et notre façon de résonner est très difficile à accepter pour chacun d’entre nous. N’importe qui aurait peur d’obtenir une mauvaise note, de ne pas être au mieux de sa forme le jour du test, qui créer d’emblée une angoisse de la réussite et de l’échec, voir même, de s’efforcer en donnant les réponses attendues et non pas celles qu’il pense vraiment. Néanmoins, dans la plupart des cas, le besoin de passer un test de QI, ou disons plus simplement de faire quelques « mesures » de capacités cognitives, se pose, car l’individu fait face à un ou des problèmes dont il pressent qu’ils sont liés à ses capacités intellectuelles.

Le corps psycho-médical propose rarement un test de QI à un patient s’il n’y a pas une présomption sur le fait que sa « mécanique » cognitive est à l’origine d’un problème.

Ceci dit, en quoi une mesure de QI est-elle intéressante ?

Et bien tout simplement parce que le résultat va permettre de concrétiser et d’officialiser ce que le patient au test pressentait : Une différence dans la perception, doublée fréquemment d’une différence dans l’interprétation des choses.

Il n’est pas ici question de jugement de valeur d’un individu, il s’agit uniquement de mesurer « la différence » entre les individus.

Avec un QI médian à 100 points, il y a une grande majorité d’individus se situant entre 85 et 115 points : 68%.

Et 95% des individus se situent entre 70 et 130 points d’après la Balance d’intelligence Wechsler. 

Il suffit d’être en dehors du premier écart type, soit la majorité, pour devenir marginal : chacun perçoit et interprète différemment, soit à sa manière, son éducation, sa structure socioculturelle, ses valeurs.

J’insiste sur le fait qu’il s’agit de mesurer une capacité intellectuelle qualitative et pas quantitative. Les HQI (hauts quotients intellectuels) ont en règle générale une façon de raisonner qui est différente du QI médian se trouvant aux alentours de la moyenne de 100. Ce n’est pas « le même cerveau qui va plus vite »… C’est un cerveau qui « fonctionne différemment ! »

Quant à la qualité de raisonnement, on fait de plus en plus usage de l’expression « normo-pensants ». En effet, depuis plusieurs dizaines d’années, différentes expérimentations montrent clairement que la pensée, la psyché, dite « normale » (c’est-à-dire « courante »), est linéaire.

Les personnes ayant un QI plus élevé tendent à raisonner, à cogiter, de façon arborescente et simultanée.

De plus, elles ont souvent un système sensoriel plus fin, plus facile à « exciter », et elles accèdent souvent à plus de données que les normo-pensants.

Il y a en effet un facteur de vitesse qui entre en jeu et qui différencie les personnes ayant un QI moyen des personnes ayant un QI élevé, mais la vitesse n’est qu’un effet secondaire de leur façon de fonctionner.

Ce qui rend difficile la vie d’une personne à haut quotient intellectuel, c’est qu’elle est souvent entourée d’individus, majoritaires, qui ne perçoivent pas les mêmes choses et n’arrivent donc pas aux mêmes conclusions.

Attardons-nous un instant sur un exemple théorico-pratique :

Un individu normal pensant perçoit qu’une réalité A induit une réalité B.

Si « A » existe alors « B » est vrai, déduction aisée pour chacun. Ensuite, si « B » existe alors « C » est vrai. C’est le même exercice logique, une logique de base, la base de l’exercice conscient de la connaissance.

Le normal pensant arrive vite à la conclusion que : si « A » est vrai alors « C » existe, est possible, est vrai.

Le normal-pensant n’ira peut-être pas chercher des exemples qui contrediraient son raisonnement, car la résolution la plus simple et la plus évidente lui convient, elle remplit la fonction cognitive qui s’attarde sous sa forme élémentaire et basique de trouver une solution acceptable et cohérente et non pas de chercher à trouver « la réalité universelle».

Exemple A-> B-> C : Si je n’ai pas froid aux jambes (A) c’est que mes jambes sont couvertes (B), si mes jambes sont couvertes (B) c’est que je porte un pantalon (C).

Ce type de raisonnement et de démonstration suffit au normal pesant !

  • Et si j’ai froid aux jambes et que mes jambes sont couvertes, et que je porte un pantalon, comment puis-je l’expliquer autrement que j’ai de la fièvre.

La première idée qui peut corroborer son raisonnement lui suffit  et la seconde le perturbe parce qu’elle apporte une plus-value à laquelle il n’aurait jamais pensé.

Alors que le normal-pensant ne souhaitera pas encombrer sa réflexion d’une réalité venant « polluer » son raisonnement, le cerveau atypique arborescent inclura, avec plaisir, voir avec une certaine jouissance, toutes les autres possibilités, même si elles ne permettent pas d’aboutir à une conclusion satisfaisante permettant de régler le problème.

Ainsi, le penseur arborescent ne se privera pas de prendre en compte le fait que s’il n’a pas froid aux jambes, c’est peut-être parce qu’il fait chaud, qu’il porte des collants… ou que ses jambes sont plongées dans un bain tiède ou qu’il est en hypothermie.

L’arborescent perçoit « d’instinct » que « A » n’induit pas « C » que de ne pas avoir froid aux jambes induit forcément qu’elles sont couvertes d’un pantalon selon sa logique.

La plupart des normo-pensants se satisfont de leurs conclusions qui les satisfont sans les remettre en question. Ils remettront à plus tard la mauvaise qualité de leur réflexion, lorsqu’ils se rendront compte que « ça ne fonctionne pas », et, sans se décourager, ils tenteront une nouvelle déduction, mais sans changement aucun.

Sachant qu’un individu à haut quotient intellectuel est souvent confronté à une plus grande quantité de normo-pensants, que les normo-pensants ne sont pas confrontées à des arborescents, en règle générale, l’individu à haut quotient intellectuel est souvent évincé de la réflexion par sa différence.

La majorité pensant différemment, il est prié de se plier à cette majorité, ou de disparaitre.

Ainsi, percevant facilement les contraintes ou les défauts de raisonnements de ses pairs, le « surefficient » mental est souvent perçu comme un pessimiste, voir, un rabat-joie. Le qualificatif « incontrôlable », un terme qui revient même fréquemment pour le désigner.

Il apparait qu’en se concentrant sur les origines des différences de compréhensions et d’interprétations on remarque que ces différences ne tiennent pas tant à de pures divergences d’interprétation des données à l’origine des raisonnements, mais à leurs qualités. Ainsi, on observe une « distance » sur le plan de la réflexion elle-même, mais également sur le plan objectif.

Le normo-pensant souhaite exécuter la tâche qui lui incombe, alors que l’arborescent souhaite répondre de la meilleure façon qu’il est au problème posé. Problème qu’il aura même pris soin de requalifier après l’avoir remis en question !

  • Houston…, on a un problème !

Alors quoi ? Alors d’après le titre de cet article je suis sensé vous parler de la communication entre normal pensant et atypique, celui qui a un QI basique et un autre qui a un QI plus élevé…

Finalement, la communication est un outil de transfert d’information. L’outil ne s’en tient pas aux mots, aux phrases… l’outil s’emploie à l’instant et à l’écoute de l’autre. Le bon moment pour s’exprimer, le bon moment pour écouter, le bon moment pour être écouté, mais cela, c’est de la littérature.

Cette théorie de l’exercice de l’expression est évidente et facile d’exercice pour l’atypique, pour la simple raison qu’il ne peut croire que la recherche de la cohérence et de la vérité ne fait pas le fondement de la démarche de son interlocuteur.

Malheureusement, le normal pesant ne joue pas la partie de communication avec ces règles de vérités. Je qualifie leur verbiage de « belote orale » : il balance ces meilleurs atouts et attend patiemment la fin de la joute verbale pour compter les points. S’il gagne, il est heureux d’être ce qu’il est, s’il perd, il considérera que cette partie n’a jamais existé !

L’atypique « surefficient » mental ne sort jamais indemne d’une conversation : il remet en permanence ses connaissances et ses données en question.

Le normal-déblatérant, ne tient compte que de ce qui le conforte dans ce qu’il veut être.

La voilà cette différence, ce gap, ce gouffre qui s’étale comme un tapis rouge transversal entre deux personnes ayant une différence de QI d’un écart-type ou plus : le sujet de la conversation est le même, mais le but de l’échange est différent.

L’un veut savoir et comprendre d’une façon absolue, l’autre cherche un allié qui conforte sa perception de la réalité.

Alors, les tests de QI sont-ils absolument nécessaires pour considérer le genre humain ?

3 Commentaires

  1. merci pour cet article. Mon fils et moi même sonmmes surefficients mentaux et nous constatons régulièrement notre écart de perceptions et de compréhension des choses avec les autres. ceci nest pas toujours facile à vivre, car étant en minorité, nous sommes vite considérés comme des marginaux.

  2. Bonjour..
    si je peux me permettre,
    voiçi ma propre definition de ce qu’est un test de QI..
    pour moi un test de QI ne sert qu’a mesurer la quantité
    de donées enregistré par notre cerveau.
    données qui ont été reçue,
    ou données dont nous avons nous meme acquise.
    la grandeur de la connaissance ne permet pas forcement l’acquisition du savoir,
    nous avons les outils mais nous ne savons pas les utiliser ou que très peu.
    l’équilibre judicieux entre la connaissance et le savoir nous amène a l’intelligence..
    voyons l’etat desastreux de la planete,pourtant les principaux responsables de ce désastre
    sont des personnes pleine a craquer de connaissances..voyez le résultat..!
    ah ils savent bien utiliser une partie des outils..certe..mais..désespoir..

    anecdote
    un jour en cherchant au moyen de petite annonces,a rencontrer une femme hp,
    j’ai entre autre reçu cette reponse..:
    salut..j’ai 140 de QI..et je suis membre de M…. depuis x années..!!
    ….oui et alors..!??
    l’échange en est resté la…
    M….célèbre association ou groupe,actuellement ou y a peu de temp,
    tres en vogue sur le sujet haut potentiel,
    formé exclusivement de super-intelligents..dont j’evite de nommer ouvertement..
    dont il en ressort autant de vrai que de faux..

    j’ai bien aimé cet article,une autre manière d’expliquer le haut potentiel,plus technique,
    et dont je vais relire,parce que pas certain d’avoir bien saisi..

    petite question
    y aurait-il une différence entre un hp et un hqi..?
    ou serait-il simplement hpe/hpi..?

    Salutation a tous

    • Bonjour.
      Merci pour votre commentaire.
      Il n’y a pas vraiment de différence entres les termes employés pour dire d’une personne que sont quotient intellectuel (capacités cognitives) ce trouve dans la partie supérieur des moyennes.
      « Haut potentiel » est un peu moins frustrant pour les enfants que « Surdoué ». Une surdoué est voué à la réussite, le haut potentiel en a la capacité mais il reste dans les mots employés la possibilité pour que ce potentiel ne s’exerce pas…
      Peut importe les termes employés, quand on dis à quelqu’un qu’il a les capacités pour réussir il a très peur de ce qui pourra arriver s’il ne réussit pas…
      Quand aux hpe et hpi, ils sont surefficient avec une tendance plus effective émotionnellement ou intellectuellement, cela donne une palette de réponses de l’individu (dans un même contexte) très différente. Néanmoins sa réponse paraîtra sortir de la norme et les deux types d’individu seront confronté au même problème : être atypique vis-a-vis des normaux-pensants.

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